Un canton suisse dévoile une nouvelle photographie de son marché du travail à travers les derniers chiffres publiés en 2024. Le salaire médian y atteint 6810 francs mensuels, soit 39,30 francs de l’heure pour un emploi à plein temps.
Ce niveau reste légèrement inférieur à la moyenne nationale, ce qui nuance l’image d’un canton pourtant dynamique sur le plan économique. Derrière ces données se dessinent des écarts régionaux et des évolutions sociales qui méritent une lecture attentive.
Un niveau de salaire solide mais en retrait face à la moyenne suisse
En 2024, la moitié des travailleurs vaudois perçoit plus de 6810 francs par mois, tandis que l’autre moitié gagne moins, selon les chiffres publiés par le canton, provenant de la dernière édition du périodique «Numérus». Ce seuil correspond à un salaire horaire médian de 39,30 francs, inférieur à la moyenne suisse qui s’établit à 40,50 francs. L’écart peut sembler limité, mais il se traduit concrètement par une différence de 214 francs par mois en défaveur du canton de Vaud.
Ce positionnement intermédiaire s’explique en partie par la structure économique régionale. Certains cantons affichent des niveaux de rémunération plus élevés, notamment ceux du nord-ouest comme Bâle-Ville, Bâle-Campagne et Argovie, où l’industrie pharmaceutique joue un rôle majeur. Zurich se distingue également avec un salaire horaire médian atteignant 43,40 francs, tiré par les secteurs financiers et technologiques.
À l’inverse, Vaud se situe au-dessus d’autres régions du pays. Les salaires y dépassent ceux observés en Suisse orientale et surtout au Tessin, où le salaire médian accuse un retard d’environ 1100 francs par mois. Cette position intermédiaire reflète un tissu économique diversifié, porté par les services, l’enseignement supérieur et les entreprises internationales implantées dans la région lémanique.
Les statistiques montrent également une évolution du bas de l’échelle salariale. Environ un emploi sur dix est considéré comme un bas salaire, avec une rémunération inférieure à 4540 francs mensuels. Cette proportion reste significative, même si elle a diminué depuis 2012. Cette tendance suggère une amélioration progressive des conditions salariales pour les revenus les plus modestes, sans pour autant effacer les écarts existants.
Des écarts mesurés entre les genres mais des enjeux persistants
Les données publiées mettent en évidence un autre aspect du marché du travail vaudois : les différences de rémunération entre femmes et hommes. En 2024, le salaire médian des femmes s’élève à 6700 francs par mois, soit 38,70 francs de l’heure. Celui des hommes atteint 6880 francs, équivalant à 39,70 francs de l’heure.
L’écart entre les deux s’établit ainsi à 2,6 %, un niveau considéré comme non significatif selon les autorités cantonales. Cette situation contraste avec la moyenne nationale, où la différence atteint encore 8,4 %, même si elle a reculé au cours des douze dernières années. Le canton de Vaud apparaît donc comme relativement avancé sur cette question, du moins en comparaison avec le reste du pays.
Ces résultats doivent néanmoins être interprétés avec prudence. Les écarts de salaire peuvent varier selon les secteurs, les niveaux de responsabilité ou les parcours professionnels. Certaines branches restent marquées par des différences plus prononcées, tandis que d’autres affichent une plus grande égalité.
Au-delà des questions de genre, ces chiffres illustrent les transformations du marché du travail. La progression des salaires les plus bas, la relative stabilité des écarts et la position intermédiaire du canton dans le paysage suisse traduisent une évolution graduelle plutôt qu’une rupture. Dans un contexte où le coût de la vie demeure élevé, notamment dans la région lémanique, ces données alimentent les réflexions sur le pouvoir d’achat et l’attractivité économique.








