Les coûts de la santé ont connu une nouvelle hausse au premier trimestre 2025, annonçant une possible augmentation des primes d’assurance maladie dans plusieurs cantons suisses. Selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), les dépenses liées à la santé ont progressé en moyenne de 4,9 % sur un an, après une augmentation déjà élevée de 6 % en 2024.
Cette évolution ne sera pas uniforme sur le territoire, certains cantons risquant de voir leurs primes grimper davantage. L’importance de cette tendance se mesure à son impact direct sur le budget des ménages, qui devront composer avec une charge financière supplémentaire.
Disparités cantonales marquées dans la hausse des coûts de santé
L’analyse des chiffres du premier trimestre 2025 révèle des écarts significatifs dans la progression des coûts de la santé selon les cantons. C’est dans le canton de Zoug que la hausse est la plus élevée, atteignant 7,5 %, suivie de près par Lucerne avec 7 %. Fribourg, qui enregistre une augmentation de 6,8 %, pourrait donc être particulièrement affecté, provoquant une forte réaction chez ses habitants, relate 20minutes. En Suisse romande, les hausses restent proches de la moyenne nationale avec Vaud et le Jura à 4,9 %, tandis que le Valais et Neuchâtel affichent des progressions plus modérées de 4,6 % et 4 % respectivement. Genève enregistre la plus faible hausse de la région, à 2,9 %. En Suisse alémanique, le canton de Schaffhouse est celui où l’augmentation est la plus faible, avec 1,9 %.
Ces variations reflètent des dynamiques régionales différentes liées notamment à la démographie, aux infrastructures médicales et à l’organisation locale des soins. En termes monétaires, les traitements médicaux représentent la part la plus lourde de la hausse, avec un surcoût de 49 francs par habitant par rapport à 2024. Les coûts hospitaliers augmentent de 38 francs par personne, tandis que les autres prestataires de soins enregistrent une hausse de 25 francs. C’est toutefois le secteur des services d’aide et de soins à domicile qui connaît la progression la plus spectaculaire, avec une augmentation de 11,2 %.
Facteurs sous-jacents et perspectives des autorités
La Fédération des médecins suisses (FMH) met en avant le vieillissement de la population comme facteur clé de cette hausse. Le passage des baby-boomers dans la tranche d’âge où les maladies chroniques deviennent plus fréquentes entraîne une demande accrue en soins. Cette réalité démographique explique une partie de la pression exercée sur les coûts hospitaliers et médicaux. Par ailleurs, le progrès technologique dans le domaine médical, qui permet de meilleurs diagnostics et traitements, génère aussi des coûts plus élevés.
Malgré cette augmentation des dépenses, l’association Suisse H+ souligne que, rapportés au produit intérieur brut (PIB), les coûts hospitaliers restent relativement stables. Ce constat invite à un regard nuancé sur la croissance des dépenses, qui s’inscrit dans un contexte économique global. Face à cette situation, la ministre de la Santé, Elisabeth Baume-Schneider, prépare l’annonce officielle des hausses de primes par canton pour 2026, prévue pour fin septembre. Elle a également lancé une boîte à idées ouverte à la population afin de recueillir des propositions pour maîtriser ces coûts.
Cette initiative souligne l’importance accordée à une gestion participative et à la recherche de solutions innovantes pour faire face aux défis financiers du système de santé suisse. L’année à venir sera donc déterminante pour mesurer la capacité des cantons et des autorités fédérales à contenir l’augmentation des primes tout en garantissant l’accès aux soins.








