Qui va combler les 1000 postes vacants ? Pour Migros, l’immigration est clé pour remplir les rayons

Migros alerte: sans travailleurs étrangers, 1000 postes vacants menacent l’offre et les services du commerce de détail suisse.

Publié le
Lecture : 2 min
Migros
Qui va combler les 1000 postes vacants ? Pour Migros, l’immigration est clé pour remplir les rayons ; Crédit : Keystone | Econostrum.info - Suisse

En Suisse, la question de la main-d’œuvre étrangère s’impose de plus en plus comme un enjeu central pour l’économie. Dans un contexte de pénurie de personnel et de vieillissement démographique, certains secteurs peinent à maintenir leur niveau d’activité. 

Le commerce de détail, en particulier, se retrouve confronté à des difficultés de recrutement persistantes. Le groupe Migros alerte désormais ouvertement sur les conséquences concrètes de cette situation.

Une dépendance assumée face à 1000 postes vacants

Le directeur général de Migros, Mario Irminger met en garde dans la Schweiz am Wochenende, contre une réalité déjà visible dans l’entreprise. Actuellement, près de 1000 postes restent vacants, notamment dans les magasins, les boulangeries internes ainsi que dans les activités liées à la transformation de la viande et des produits laitiers. Ces difficultés de recrutement ne sont pas nouvelles, mais elles tendent à s’intensifier.

Pour faire face à ce manque de personnel, Migros s’appuie largement sur la main-d’œuvre étrangère. Dans certaines filiales, cette dépendance est particulièrement marquée. Au sein de Micarna, spécialisée dans la transformation de viande, environ 60% des employés sont des ressortissants étrangers. Ce chiffre grimpe même à 90% dans les ateliers de découpe, illustrant le rôle central de ces travailleurs dans le fonctionnement quotidien de l’entreprise.

Selon Mario Irminger, cette situation n’est pas appelée à se résorber à court terme. Le départ à la retraite d’une partie importante des effectifs dans les années à venir va accentuer la pression sur le marché du travail. «Nous dépendons d’eux, maintenant et dans le futur», affirme-t-il, en référence aux travailleurs étrangers, relate Blick. Sans cet apport, l’entreprise pourrait rencontrer des difficultés à maintenir son niveau de service.

Les conséquences pourraient être concrètes pour les consommateurs. Une baisse des effectifs pourrait se traduire par des horaires d’ouverture réduits, une diminution du nombre de points de vente ou encore une offre de produits plus limitée. L’enjeu dépasse donc le cadre interne de l’entreprise et touche directement l’approvisionnement.

Immigration et débat politique, un équilibre sous tension

Au-delà des aspects opérationnels, les déclarations du directeur de Migros interviennent dans un contexte politique sensible. La question de l’immigration est au cœur des débats, notamment avec l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions» portée par l’UDC et soumise à votation le 14 juin. Ce texte vise à limiter la croissance démographique, une perspective qui inquiète certains acteurs économiques.

Mario Irminger reconnaît que l’immigration pose des défis, mais il insiste sur son rôle indispensable pour l’économie. Selon lui, un plafonnement strict de la population pourrait créer davantage de problèmes que de solutions. Le commerce de détail et l’industrie agroalimentaire figurent parmi les secteurs les plus dépendants de cette main-d’œuvre.

Cette dépendance s’explique en partie par l’évolution démographique du pays. Le vieillissement de la population réduit progressivement le nombre d’actifs disponibles sur le marché du travail. Parallèlement, certains métiers peinent à attirer la main-d’œuvre locale, malgré des besoins constants.

Dans ce contexte, l’immigration apparaît comme un levier essentiel pour maintenir le niveau de performance économique. Elle permet de combler les postes vacants et d’assurer la continuité des activités dans des secteurs clés. Pour Migros, comme pour d’autres entreprises, la question n’est plus seulement économique, mais aussi stratégique.

Le débat reste toutefois ouvert. Entre impératifs économiques et préoccupations politiques, la Suisse doit trouver un équilibre dans la gestion de sa main-d’œuvre. Les propos de Mario Irminger illustrent une réalité concrète: sans travailleurs étrangers, certains services du quotidien pourraient être directement impactés.

Laisser un commentaire

Share to...