21% des ménages en Suisse romande luttent pour payer les primes d’assurance maladie : où va l’argent ?

Un ménage sur cinq en Suisse romande peine à payer ses primes d’assurance maladie : la pression devient insupportable pour de nombreux foyers

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21% des ménages en Suisse romande luttent pour payer les primes d'assurance maladie : où va l'argent ? : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Les primes d’assurance maladie représentent une part importante du budget des ménages suisses, et malgré les efforts pour rendre l’accès aux soins plus équitable, la question reste épineuse. Si une majorité de Suisses déclare réussir à absorber la hausse des primes, la réalité est bien plus complexe en Suisse romande. 

En effet, près d’un ménage sur cinq dans cette région éprouve des difficultés à payer ses primes d’assurance maladie. Ce constat soulève des interrogations sur la viabilité du système actuel et sur la manière dont il affecte les foyers les plus vulnérables.

Des écarts importants entre les régions : La Suisse romande plus touchée

Les chiffres issus de l’enquête réalisée par Comparis révèlent des disparités régionales importantes concernant la capacité des ménages à faire face aux primes d’assurance maladie. À l’échelle nationale, 59% des foyers affirment qu’ils n’ont pas de difficultés pour payer leurs primes, une proportion qui monte à 63% en Suisse alémanique. En revanche, en Suisse romande, ce chiffre chute à 51%. En outre, le Tessin se retrouve dans une situation encore plus délicate avec seulement 40% des ménages affirmant ne rencontrer aucun problème.

Une autre donnée révélatrice est que 16% des personnes interrogées disent avoir régulièrement des difficultés à régler leurs primes. Ce chiffre est bien plus élevé en Suisse romande, où il atteint 21%, soit un ménage sur cinq. Ces écarts géographiques montrent que la pression sur les finances des ménages romands est bien plus forte que dans le reste du pays. La Suisse romande semble donc nettement plus exposée aux conséquences de l’augmentation des primes d’assurance maladie.

Les causes de cette disparité sont multiples. D’abord, les revenus moyens en Suisse romande sont souvent plus faibles qu’en Suisse alémanique. Par ailleurs, le coût de la vie dans certaines régions romandes, telles que Genève ou Vaud, est plus élevé, ce qui accentue la pression financière sur les ménages. Ces facteurs combinés expliquent pourquoi une plus grande proportion de la population romande se trouve dans une situation financière précaire face aux hausses des primes.

L’impact des primes sur les plus vulnérables : les jeunes, les personnes seules et les bas revenus

Les données montrent que la pression des primes touche particulièrement certains groupes de la population. Les personnes seules, notamment les jeunes adultes, sont proportionnellement plus nombreuses à éprouver des difficultés. En effet, 29% des foyers gagnant jusqu’à 4000 francs bruts par mois disent souffrir régulièrement du poids des primes. Ce chiffre chute à 17% pour la classe moyenne, dont les revenus se situent entre 4000 et 8000 francs, et à 9% pour les ménages gagnant plus de 8000 francs par mois.

Par ailleurs, les jeunes adultes semblent plus vulnérables aux hausses des primes. La situation est particulièrement préoccupante pour les jeunes travailleurs qui n’ont pas encore atteint un revenu stable ou élevé, et qui doivent gérer des dépenses parfois importantes en matière de logement et de nourriture, en plus des primes d’assurance. En revanche, les personnes âgées, qui bénéficient souvent de revenus plus stables et de pensions, sont moins touchées par ces difficultés financières. En effet, 64% des personnes de plus de 56 ans déclarent ne pas rencontrer de problème de financement.

Les réductions de primes cantonales jouent un rôle crucial pour atténuer cette pression. Environ un tiers des ménages bénéficient de ces aides. Les familles avec des enfants sont les principales bénéficiaires, 42% des foyers avec enfants bénéficiant de ce soutien. En revanche, ce pourcentage tombe à 27% chez les ménages sans enfants. Même parmi les foyers plus aisés, ceux gagnant plus de 8000 francs par mois, environ 20% reçoivent une forme de soutien. Toutefois, bien que ces aides constituent un amortisseur pour de nombreux ménages, elles ne suffisent pas à résoudre le problème de manière pérenne.

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