L’inflation s’emballe en Suisse au mois d’avril : La BNS va-t-elle changer de cap ? 

L’inflation en Suisse grimpe à 0,6 % en avril 2026, poussée par les carburants et les loyers. Les perspectives économiques de la BNS sont désormais scrutées.

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L'inflation s'emballe en Suisse au mois d'avril : La BNS va-t-elle changer de cap ? : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

L’inflation en Suisse a accéléré en avril 2026, atteignant 0,6 % sur un an, après une progression modeste de 0,3 % en mars. Cette hausse, qui représente la plus forte augmentation depuis décembre 2024, est en grande partie alimentée par la flambée des prix des carburants et l’augmentation continue des loyers. 

Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), l’inflation a également été marquée par une hausse de 0,3 % sur un mois, un chiffre qui se situe dans la fourchette haute des prévisions des économistes. Si les prix augmentent, la Banque nationale suisse (BNS) pourrait revoir sa politique monétaire pour contenir cette dynamique.

Carburants et loyers : Les principales sources de pression sur les prix

L’augmentation des prix des carburants est l’un des principaux moteurs de l’inflation en Suisse. En avril, le prix de l’essence a bondi de 8,8 %, celui du diesel a grimpé de 19,3 %, et le mazout a augmenté de 35,5 %. Ces hausses sont largement dues à la situation géopolitique actuelle au Moyen-Orient, qui perturbe les approvisionnements en pétrole, ainsi qu’à la reprise économique mondiale après la pandémie de COVID-19. La demande mondiale de pétrole a entraîné une hausse des prix sur les marchés internationaux, ce qui se répercute directement sur les consommateurs suisses.

Le secteur des transports a également vu ses prix augmenter. Le coût des billets pour les vols internationaux a progressé de 5,6 %, tandis que les voyages à forfait ont augmenté de 5,4 %. Ces hausses sont étroitement liées à l’augmentation des prix du carburant, qui pèsent lourdement sur le secteur aérien. En revanche, des baisses ont été observées dans d’autres secteurs, comme la location de voitures et l’autopartage, avec une baisse de 17,7 %.

Parallèlement, les loyers continuent de tirer l’inflation vers le haut. Les prix des loyers ont augmenté de 1,4 % par rapport à l’année précédente. Les grandes villes suisses, comme Zurich, Genève et Lausanne, restent particulièrement touchées par cette hausse. La demande en logements dans ces zones reste forte, alors que l’offre peine à suivre. Le marché locatif continue donc de se tendre, créant une pression supplémentaire sur les ménages suisses, dont le budget est déjà affecté par la hausse des prix de l’énergie et des produits de consommation courante.

La BNS face à l’inflation : Une hausse du taux directeur envisagée ?

L’accélération de l’inflation pousse certains experts à spéculer sur une révision de la politique monétaire de la Banque nationale suisse (BNS). Bien que l’inflation reste encore dans la fourchette cible de 0 % à 2 %, les analystes estiment que la BNS pourrait envisager une hausse de son taux directeur lors de sa prochaine réunion en juin 2026, afin de freiner cette dynamique inflationniste. Si l’intervention immédiate n’est pas jugée urgente, certains économistes s’attendent à un resserrement de la politique monétaire au second semestre de l’année.

Les économistes de Safra Sarasin et Raiffeisen prévoient une inflation annuelle de 0,5 % pour 2026, avec une accélération attendue en 2027, rapporte la RTS. Cependant, l’inflation hors alimentaire et énergétique a légèrement ralenti, passant de 0,4 % à 0,3 %. Ce phénomène pourrait atténuer la pression sur la BNS d’agir rapidement. Pour l’instant, la force du franc suisse, qui limite l’inflation importée, permet à la Suisse de bénéficier d’un certain amortisseur par rapport à d’autres régions, comme la zone euro, où l’inflation a atteint 3 % en avril.

La question qui se pose désormais est de savoir si la BNS interviendra en cas de poursuite de la hausse des prix, ou si elle privilégiera une approche plus mesurée. Si une augmentation du taux directeur reste incertaine à court terme, la stabilité des prix reste au cœur des priorités de la banque centrale.

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