L’horlogerie suisse a désormais une date en tête : le 24 juillet. Jusqu’à cette échéance, les montres suisses exportées vers les États-Unis restent soumises à des droits de douane de 15%. Mais après cette date, l’incertitude domine.
La Fédération de l’industrie horlogère suisse espère donc que la Confédération parviendra à conclure un accord avec Washington avant que le secteur ne se retrouve exposé à de nouveaux tarifs potentiellement plus lourds.
Une échéance qui inquiète toute la branche
Le président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse, Yves Bugmann, a clairement exprimé l’inquiétude du secteur en marge de l’assemblée générale de la faîtière, organisée cette année à Genève. Selon lui, il faut « vraiment essayer de régler cette situation au plus vite », relève 24 Heures.
Les droits de douane actuels, fixés à 15%, sont en vigueur jusqu’au 24 juillet. Ils ont été instaurés pour une durée de 150 jours par décret américain. Cette limite crée une zone d’incertitude majeure pour les exportateurs suisses, car rien ne garantit que le taux restera le même une fois le délai arrivé à son terme.
Pour l’industrie horlogère, le problème n’est donc pas uniquement le niveau actuel des droits. C’est surtout l’absence de visibilité. Après le 24 juillet, Washington pourrait décider d’appliquer un autre taux, dans un contexte où plusieurs volets de négociation restent encore ouverts.
Les États-Unis, un marché impossible à négliger
L’enjeu est particulièrement sensible parce que les États-Unis représentent un marché central pour les montres suisses. Ces dernières années, le marché américain est devenu l’un des principaux moteurs des exportations horlogères, notamment pour les marques de luxe et les modèles haut de gamme.
Une hausse des droits de douane pourrait avoir plusieurs effets en chaîne. Les marques devraient choisir entre absorber une partie du coût supplémentaire, au risque de rogner leurs marges, ou augmenter les prix pour les clients américains. Dans les deux cas, la compétitivité du secteur pourrait être touchée.
Le risque est d’autant plus délicat que l’horlogerie suisse évolue déjà dans un environnement tendu. Entre ralentissement de certains marchés asiatiques, prudence des consommateurs et pression sur les coûts, une nouvelle incertitude douanière aux États-Unis arrive au mauvais moment.
La FH compte sur Berne et le Seco
Yves Bugmann a expliqué que la FH n’était pas directement impliquée dans les négociations. La faîtière mène toutefois des discussions informelles et dit compter sur le Conseil fédéral ainsi que sur le Secrétariat d’État à l’économie pour défendre les intérêts suisses.
Selon lui, plusieurs rounds de négociations ont déjà eu lieu en Suisse et aux États-Unis. Mais l’industrie ne sait pas précisément où en sont les discussions. Cette distance nourrit l’inquiétude, car le calendrier est serré et l’échéance approche rapidement.
Le président de la FH a aussi rappelé que Donald Trump avait évoqué un taux de 12,5% lié à la problématique du travail forcé. Un autre volet concernerait la surcapacité de production. Pour l’horlogerie suisse, l’enjeu est donc de comprendre quel cadre Washington appliquera réellement après le 24 juillet.
Un secteur qui réclame surtout de la visibilité
Dans l’immédiat, les horlogers ne demandent pas seulement une baisse ou une suppression des droits de douane. Ils réclament avant tout une solution claire. Pour les entreprises, pouvoir anticiper les prix, les marges, les commandes et les stratégies commerciales est essentiel.
L’incertitude est particulièrement pénalisante pour une industrie qui fonctionne avec des cycles longs. Les décisions de production, de distribution et de tarification ne se prennent pas au dernier moment. Une modification brutale des droits de douane peut donc désorganiser toute une chaîne commerciale.
L’horlogerie suisse attend désormais un signal politique. Si un accord intervient avant le 24 juillet, le secteur pourrait retrouver un peu de stabilité. Dans le cas contraire, la branche risque de replonger dans une période de flou, avec un marché américain aussi stratégique qu’imprévisible.
Pour l’instant, la montre tourne. Et dans les ateliers comme dans les sièges des grandes marques, la date du 24 juillet ressemble de plus en plus à un compte à rebours.








