Les primes d’assurance maladie en Suisse connaissent une évolution complexe et préoccupante. Alors que l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) avait annoncé une hausse moyenne de 4,4 % des primes pour 2026, une étude du cabinet Deloitte, révélée ce début octobre, alerte sur une réalité bien plus alarmante pour certains assurés.
Les primes des assurances les plus abordables devraient en effet connaître une augmentation bien supérieure à la moyenne, augmentant ainsi la pression financière sur les ménages les plus modestes. Ces hausses toucheront principalement les assurés qui ont opté pour les formules les moins chères, une nouvelle qui pourrait être particulièrement difficile à encaisser pour ceux qui sont déjà confrontés à des difficultés financières.
Une hausse des primes qui frappe les plus vulnérables
Les primes des assurances maladie en Suisse ont toujours fait l’objet d’inquiétudes parmi la population. Cependant, la situation s’aggrave cette année avec l’augmentation des primes les plus basses, qui pourrait atteindre 7,1 % en moyenne, soit un surcoût de 23 francs par mois pour les assurés concernés. Cette hausse est bien plus importante que l’augmentation moyenne de 4,4 % annoncée par l’OFSP, et elle touche principalement ceux qui ont choisi des assurances à bas prix pour réduire leurs dépenses.
L’étude du cabinet Deloitte, présentée ce 2 octobre, met en évidence que ces hausses ne concernent pas seulement les assurés qui optent pour une franchise élevée de 2 500 francs, mais aussi ceux qui choisissent une franchise plus basse à 300 francs, qui est la plus répandue en Suisse. Ce choix, souvent motivé par la volonté de maintenir des primes accessibles, se traduit par une surcharge financière pour les assurés dont la santé nécessite plus de soins. Ce sont ces assurés qui connaîtront les hausses les plus marquées, parfois bien au-delà de celles mentionnées par les autorités.
Les primes les moins chères sont particulièrement prisées par ceux qui engendrent des coûts médicaux élevés, ce qui conduit à des ajustements tarifaires plus importants. Selon Marcel Thom, auteur de l’étude Deloitte, ces primes sont désormais de plus en plus choisies par des assurés avec des besoins médicaux fréquents, ce qui entraîne une hausse disproportionnée par rapport aux autres offres sur le marché.
Des solutions limitées face à l’augmentation des coûts
Si les assurés peuvent envisager de changer de caisse maladie pour alléger la charge financière, cette option devient de moins en moins attrayante. En 2017, un changement de caisse permettait encore de réaliser jusqu’à 33 % d’économies sur les primes. Aujourd’hui, ce pourcentage a été réduit de moitié, rendant cette solution moins avantageuse. La convergence des prix entre les différents assureurs, en raison des mécanismes de compensation des risques et des exigences de solvabilité, a également joué un rôle important dans cette évolution.
Le système de compensation des risques, qui redistribue les fonds entre les assureurs, permet aux caisses ayant une clientèle en bonne santé de contribuer à un fonds destiné à soutenir celles qui ont une clientèle plus malade. Bien que cela assure une certaine solidarité entre les assureurs, il a également pour effet de limiter la compétitivité sur le marché, ce qui rend plus difficile pour les assurés de trouver des primes réellement moins chères.
Deloitte estime toutefois qu’environ 10 % des assurés pourraient envisager de changer de caisse cet automne, mais cela reste une proportion relativement faible. En effet, le surcoût d’une prime de plus de 30 francs incite environ une personne sur deux à considérer un changement, mais les économies potentielles sont désormais limitées. Les ménages à faibles revenus, déjà confrontés à la hausse du coût de la vie, se retrouvent donc pris dans un dilemme difficile, où l’augmentation des primes pèse lourdement sur leur budget.







