Le nombre de travailleurs frontaliers continue d’augmenter en Suisse, mais cette progression masque de fortes différences régionales. À la fin du mois de juin 2026, plus de 414’000 personnes titulaires d’un permis G exerçaient une activité professionnelle dans le pays.
La région lémanique affiche l’une des hausses les plus marquées, portée notamment par l’arrivée de travailleurs venus de France. Au Tessin, la tendance s’inverse cependant, sur fond de nouvelles règles fiscales avec l’Italie.
Le nombre de frontaliers progresse encore en Suisse
À la fin du deuxième trimestre 2026, 414’262 personnes disposant d’une autorisation frontalière travaillaient en Suisse, selon les données de l’Office fédéral de la statistique.
Ce nombre a augmenté de 0,5 % par rapport au trimestre précédent et de 1,3 % en comparaison avec la même période de 2025. La progression se poursuit donc à l’échelle nationale, mais elle reste très variable selon les régions et les pays de résidence des travailleurs.
Au cours des trois dernières années, le nombre de frontaliers résidant en France a continué de progresser. À l’inverse, les effectifs venus d’Italie, d’Allemagne et d’Autriche sont restés relativement stables.
Cette évolution confirme l’importance croissante des travailleurs transfrontaliers pour plusieurs bassins d’emploi suisses, particulièrement dans les cantons proches de la frontière française.
La région lémanique enregistre une hausse de 2,8 %
La progression la plus visible concerne la région lémanique, où le nombre de frontaliers a augmenté de 2,8 % sur un an. Cette zone comprend notamment les cantons de Genève, de Vaud et du Valais, qui attirent de nombreux salariés résidant en France voisine.
L’Espace Mittelland affiche également une hausse notable de 1,8 %, tandis que la Suisse du Nord-Ouest progresse de 1 %. La Suisse centrale enregistre pour sa part une augmentation de 2,7 %, même si elle ne compte que 3161 travailleurs frontaliers.
Toutes les régions ne suivent cependant pas cette dynamique. Zurich enregistre une baisse de 1,5 %, tandis que la Suisse orientale recule de 1,2 % par rapport au deuxième trimestre 2025.
Ces différences illustrent des réalités économiques très contrastées. Les régions proches de la France continuent d’attirer une main-d’œuvre nombreuse, tandis que d’autres zones enregistrent une stagnation ou une diminution des effectifs.
Le Tessin attire moins de travailleurs venus d’Italie
Le Tessin connaît également un recul, avec une baisse de 0,6 % du nombre de frontaliers sur un an. Cette évolution confirme les observations faites en début d’année par Gastro Ticino, qui signalait une diminution des candidatures provenant du nord de l’Italie.
Selon l’association professionnelle, les travailleurs les plus qualifiés seraient notamment moins intéressés par les emplois proposés dans le canton. La nouvelle convention fiscale conclue entre la Suisse et l’Italie pourrait expliquer une partie de cette tendance.
Entré en vigueur en juillet 2023, cet accord a modifié l’imposition de certains nouveaux travailleurs frontaliers. D’après les syndicats tessinois, les personnes concernées peuvent devoir payer entre 10 et 30 % d’impôts supplémentaires selon leur niveau de revenu, indique Blick.
Les conditions d’emploi se sont parallèlement améliorées dans certains secteurs du nord de l’Italie, notamment dans la restauration. Les travailleurs vivant plus loin de la frontière auraient ainsi moins intérêt à effectuer quotidiennement le trajet vers le Tessin.
Cette baisse reste encore limitée, mais elle marque une rupture avec la progression observée dans la région lémanique. La fiscalité et l’évolution des salaires de part et d’autre de la frontière pourraient donc peser de plus en plus lourd dans les choix des travailleurs.








