Un euro à plus de 94 centimes : le franc suisse tombe à son plus bas niveau depuis un an

Le franc suisse recule face à l’euro et retrouve des niveaux qu’il n’avait plus connus depuis un an. Une évolution qui change la donne pour les exportateurs, les frontaliers et tous ceux qui dépensent régulièrement dans la zone euro.

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Un euro à plus de 94 centimes : le franc suisse tombe à son plus bas niveau depuis un an : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le franc suisse traverse une nouvelle phase de faiblesse face à l’euro. Après plusieurs mois de recul, la monnaie helvétique est revenue à des niveaux qu’elle n’avait plus connus depuis l’été 2025. 

Une évolution qui soulage les entreprises exportatrices, mais qui fait nettement moins les affaires des Suisses dépensant leurs francs dans la zone euro. Derrière ce mouvement se cache notamment un écart de taux d’intérêt devenu particulièrement important entre la Suisse et la zone euro.

L’euro repasse au-dessus des 94 centimes

Vendredi, l’euro a temporairement atteint environ 0,9405 franc sur le marché des changes. Les données de référence de la Banque centrale européenne plaçaient déjà la monnaie unique à 0,9390 franc le 14 août, confirmant le net affaiblissement du franc observé ces derniers mois.

Il faut remonter à août 2025 pour retrouver l’euro à de tels niveaux face à la monnaie helvétique, comme le précise 20minutes.

Le contraste est important avec le mois de mars. Au moment où les tensions au Moyen-Orient étaient particulièrement fortes, l’euro s’échangeait autour de 90 centimes. Le franc avait alors pleinement joué son rôle traditionnel de valeur refuge.

Depuis, la situation s’est inversée. La détente relative des tensions géopolitiques a réduit l’appétit des investisseurs pour les actifs réputés les plus sûrs, et donc pour le franc.

Cette baisse fait des heureux parmi les entreprises suisses qui exportent vers l’Europe. Lorsque le franc s’affaiblit, leurs produits deviennent mécaniquement moins chers pour les clients payant en euros.

Pour les touristes suisses ou les frontaliers qui dépensent régulièrement dans la zone euro, c’est en revanche l’effet inverse : chaque franc permet désormais d’obtenir moins d’euros.

L’écart de taux joue en faveur de l’euro

La géopolitique n’explique toutefois qu’une partie du phénomène. Le principal moteur de l’affaiblissement du franc se trouve désormais du côté des banques centrales.

La Banque nationale suisse maintient son taux directeur à 0 %. La BNS l’avait abaissé à ce niveau en juin 2025 et l’a encore laissé inchangé lors de son examen de juin 2026.

Dans la zone euro, la situation est radicalement différente. La Banque centrale européenne a relevé en juin son taux de facilité de dépôt à 2,25 %, avant de le maintenir à ce niveau lors de sa réunion de juillet. Son taux des opérations principales de refinancement atteint 2,40 %.

Cet écart rend les placements en euros relativement plus attractifs que ceux en francs et contribue à exercer une pression sur la monnaie suisse.

Une inflation beaucoup plus faible en Suisse

La BNS dispose aussi de moins de raisons de relever rapidement ses taux. L’inflation suisse ne s’élevait qu’à 0,4 % sur un an en juillet 2026, selon l’Office fédéral de la statistique.

Dans la zone euro, Eurostat estimait au contraire l’inflation annuelle à 2,9 % en juillet. Cette différence explique en partie pourquoi les politiques monétaires des deux régions ont pris des directions aussi différentes.

Pour la BNS, une inflation comprise entre 0 et 2 % correspond à la stabilité des prix. Avec un renchérissement encore très faible, la pression pour relever les taux reste donc limitée.

Tant que cet écart de politique monétaire persistera, le franc pourrait rester sous pression face à l’euro. Une situation plutôt bienvenue pour les exportateurs suisses, mais nettement moins avantageuse pour ceux qui comptaient profiter d’un franc particulièrement fort pour leurs achats et leurs vacances à l’étranger.

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