Le marché de l’emploi continue de montrer des signes de ralentissement en Suisse romande, avec une hausse du chômage qui s’installe dans plusieurs cantons. Les derniers chiffres publiés à partir des données du Secrétariat d’État à l’économie (SECO) placent désormais Genève et Vaud aux premiers rangs nationaux en matière de chômage.
Cette évolution intervient dans un contexte économique plus hésitant, marqué par des recrutements moins dynamiques et des offres d’emploi moins nombreuses dans certains secteurs. Au-delà des indicateurs mensuels, ces résultats donnent un aperçu des transformations qui traversent actuellement le marché du travail romand.
Genève et Vaud enregistrent les taux de chômage les plus élevés du pays
La hausse du chômage observée ces derniers mois se confirme en Suisse romande. Selon les chiffres du SECO, Genève affiche désormais le taux de chômage le plus élevé du pays avec 5,1 %.
Le canton est suivi par Vaud, où le taux atteint 4,8 %, puis par le Jura à 4,7 % et Neuchâtel à 4,5 %. Ces niveaux se situent nettement au-dessus de la moyenne suisse, qui s’établissait à 3 % au mois d’avril.
Dans le canton de Vaud, 20’529 personnes étaient inscrites au chômage lors du dernier relevé mensuel. Cela représente une augmentation de 11 % sur un an.
Cette évolution ne s’est pas produite brutalement. Depuis juin 2023, la tendance est orientée à la hausse dans un environnement économique considéré comme plus incertain. Face à ce contexte, de nombreuses entreprises ralentissent leurs embauches tandis que le volume des offres disponibles tend à diminuer.
Le phénomène n’est plus limité à quelques secteurs spécifiques ni à certains profils professionnels. Les tensions observées touchent désormais une partie beaucoup plus large du marché du travail.
Les chiffres du chômage ne reflètent par ailleurs qu’une partie des personnes concernées. Selon les données citées par 24 heures, le nombre réel de personnes en recherche d’emploi est plus élevé dans le canton de Vaud.
Au total, 31’115 demandeurs d’emploi sont actuellement inscrits auprès des Offices régionaux de placement (ORP). Cet indicateur élargit la lecture du marché du travail puisqu’il inclut des personnes qui ne figurent pas nécessairement dans les statistiques traditionnelles du chômage.
Des disparités régionales marquées et une pression accrue sur certains profils
L’évolution du marché du travail reste contrastée selon les territoires et les activités économiques. Certaines régions vaudoises apparaissent plus exposées que d’autres. Parmi les communes de plus de 1000 habitants, Vallorbe, Aigle et Moudon enregistrent les taux de chômage les plus élevés du canton.
Pour comprendre cet écart avec la moyenne nationale, l’économiste Rafael Lalive, de l’Université de Lausanne, met en avant le poids du secteur des services dans l’économie vaudoise. Selon son analyse ralyée par Blick, ces emplois sont généralement plus sensibles aux variations économiques que ceux liés à l’industrie.
Le spécialiste rappelle également une particularité statistique propre au canton : Vaud intègre dans ses chiffres les personnes arrivées en fin de droits, ce qui ajoute environ 0,4 point au taux cantonal.
Les différences apparaissent aussi entre secteurs d’activité. Les branches scientifiques, les métiers liés à l’informatique ainsi que le commerce enregistrent une progression du chômage.
À l’inverse, certains domaines continuent d’embaucher. Le bâtiment profite de la reprise des chantiers tandis que l’hôtellerie-restauration maintient des besoins importants à l’approche de la saison estivale.
Les observateurs notent aussi une dégradation pour les jeunes diplômés entrant sur le marché du travail. Cette catégorie apparaît plus exposée dans un environnement où les outils liés à l’intelligence artificielle modifient progressivement certaines attentes des employeurs et certaines tâches d’entrée de carrière.
Ces évolutions montrent un marché de l’emploi romand plus segmenté qu’auparavant, avec des réalités différentes selon les territoires, les secteurs et les profils professionnels.








