Le marché du travail suisse connaît une évolution inquiétante, marquée par une augmentation du chômage, particulièrement chez les hommes étrangers. Selon les données récentes de l’Office fédéral de la statistique (OFS), le taux de chômage a progressé de 4,7 % à 5,1 % entre 2024 et 2025.
Bien que la population active occupée ait augmenté de 0,4 % par rapport à l’année précédente, cette hausse ne s’est pas répercutée de manière égale sur toutes les catégories de la population active. Si les femmes ont vu une légère amélioration de leur situation, le chômage touche surtout les hommes, notamment ceux issus de l’immigration.
L’augmentation du chômage chez les hommes et les travailleurs étrangers
L’une des particularités de l’évolution du chômage en Suisse est la hausse plus marquée chez les hommes, particulièrement les hommes étrangers. Alors que le taux global de chômage a augmenté de 4,7 % à 5,1 %, cette tendance s’accentue chez les hommes, dont le taux de chômage a franchi le seuil des 5 %, selon les dernières données publiées par l’OFS En effet, le chômage des hommes a progressé de 4,5 % à 5,1 % sur un an, tandis que chez les femmes, la hausse est restée marginale, passant de 5 % à 5,1 %. Cette différence de taux suggère que les hommes, en particulier ceux issus de l’immigration, rencontrent davantage de difficultés pour trouver ou maintenir un emploi stable.
Les travailleurs étrangers représentent environ un tiers de la population active en Suisse. En 2025, leur nombre a augmenté de 1,6 % pour atteindre 1,876 million d’actifs occupés. Toutefois, cette hausse est accompagnée d’une augmentation du chômage parmi les étrangers, qui a atteint 8,6 % pour les personnes en provenance de pays tiers, contre 7,9 % un an plus tôt. Le taux de chômage des ressortissants de l’UE/AELE est également en hausse, passant de 7,0 % à 7,9 %. Ces chiffres montrent que les travailleurs étrangers, notamment les hommes, sont particulièrement touchés par le chômage en Suisse. Les disparités au sein de cette catégorie sont aussi notables : les titulaires d’autorisations de courte durée (livret L) ont connu une diminution de 5,8 % du nombre d’actifs occupés, tandis que ceux ayant une autorisation de séjour (livret B ou L) ont vu leur nombre d’actifs occupés augmenter de 2,9 %.
Le chômage parmi les travailleurs étrangers affecte particulièrement les plus jeunes et les plus anciens, mais il concerne aussi les groupes d’âge intermédiaires. Les hommes âgés de 25 à 49 ans sont ceux qui ont vu leur taux de chômage augmenter le plus, passant de 4,5 % à 5,1 %. En revanche, les travailleurs de 50 à 64 ans ont observé une hausse moins marquée, de 3,3 % à 3,4 %. Ces chiffres montrent que certaines catégories d’âge rencontrent des difficultés plus marquées pour trouver ou conserver un emploi, en particulier dans un environnement économique incertain.
Les jeunes et le chômage de longue durée : Des défis à long terme
En dépit de la hausse générale du chômage, le taux des jeunes de 15 à 24 ans a enregistré une légère baisse, passant de 10,9 % à 10,5 %. Bien que cette diminution soit encourageante, elle n’efface pas la réalité difficile des jeunes sur le marché du travail. Les jeunes diplômés ou ceux qui n’ont pas encore acquis d’expérience professionnelle trouvent souvent leur insertion sur le marché du travail compliquée. Cette situation, bien que moins dramatique que celle des autres catégories d’âge, demeure préoccupante à long terme. Un chômage prolongé chez les jeunes peut entraîner une perte de compétences et de motivation, créant ainsi un fossé de qualification qui pourrait nuire à l’économie suisse dans le futur.
D’autre part, la question du chômage de longue durée reste une préoccupation importante. En 2025, 84 000 personnes étaient au chômage depuis plus d’un an, soit une augmentation de 4 000 par rapport à l’année précédente. Bien que la part des chômeurs de longue durée dans l’ensemble des chômeurs ait légèrement diminué, passant de 33 % à 32,1 %, cette situation souligne l’impact persistant du chômage prolongé. La durée médiane du chômage a d’ailleurs diminué, passant de 213 à 192 jours, ce qui peut être vu comme un signe d’amélioration. Cependant, cette réduction reste insuffisante pour résoudre les problèmes d’intégration des chômeurs de longue durée sur le marché du travail.
Il est également important de noter l’augmentation du travail à temps partiel en Suisse, qui concerne désormais 38,1 % de la population active occupée, soit une hausse de 28 000 personnes. Cette évolution pourrait être perçue comme une réponse à une conjoncture économique difficile, dans laquelle de nombreuses entreprises choisissent d’offrir des contrats à temps partiel pour limiter les coûts tout en maintenant leur flexibilité. Si cette tendance se poursuit, elle pourrait également avoir un impact sur la qualité de l’emploi en Suisse.








