La canicule ne frappe pas tous les Suisses de la même façon. Alors que certains peuvent compter sur une climatisation, un logement adapté ou la possibilité de fuir la chaleur, d’autres doivent composer avec des solutions beaucoup plus limitées.
Une étude de l’Université de Genève révèle que les femmes, les personnes âgées et les ménages modestes sont les plus exposés aux effets des fortes températures. Derrière chaque vague de chaleur se cache donc une nouvelle fracture sociale.
Les femmes, les personnes âgées et les ménages modestes davantage exposés
La canicule ne touche pas uniquement les organismes, elle révèle aussi les différences sociales entre les habitants. C’est la conclusion d’une étude menée par l’Université de Genève auprès de plus de 1000 Genevoises et Genevois durant l’été 2025, relayée par le média 24Heures.
Les résultats montrent que certaines catégories de population sont plus vulnérables face aux fortes chaleurs. Les femmes, les personnes âgées, les ménages disposant de revenus modestes, les locataires ainsi que les personnes souffrant déjà de problèmes de santé figurent parmi les groupes les plus exposés.
Selon Alice Guilbert, chercheuse à l’Institut des sciences de l’environnement, cette vulnérabilité ne dépend pas uniquement de la température ressentie. Elle résulte d’une combinaison de facteurs sociaux, économiques et environnementaux.
Ainsi, deux personnes vivant dans le même quartier peuvent vivre une vague de chaleur de manière totalement différente selon leur logement, leurs ressources financières ou leur état de santé.
Climatisation, logement adapté ou simples solutions de fortune
L’étude souligne un contraste important dans les moyens disponibles pour supporter les épisodes de forte chaleur.
Certains habitants peuvent compter sur un logement bien isolé, un système de climatisation, des espaces extérieurs ombragés ou encore la possibilité de quitter temporairement les zones urbaines les plus chaudes.
D’autres doivent se contenter de solutions plus limitées, comme les ventilateurs, les volets fermés ou les serviettes humides pour tenter de réduire leur inconfort.
Les conditions de logement jouent donc un rôle majeur. Les personnes vivant dans des appartements mal adaptés aux fortes températures, notamment dans certains immeubles anciens, peuvent accumuler davantage de chaleur sans disposer de solutions efficaces pour la faire diminuer.
Cette différence d’accès aux moyens de rafraîchissement pousse les chercheurs à parler de « justice thermique », un enjeu qui devient de plus en plus important avec la multiplication des épisodes caniculaires.
Vers une meilleure protection face aux futures vagues de chaleur
Face à ces inégalités, les auteurs du rapport appellent à renforcer les mesures de protection pour les populations les plus fragiles.
Parmi les pistes avancées figurent la rénovation des logements afin d’améliorer leur adaptation aux fortes chaleurs, la végétalisation des quartiers pour réduire les îlots de chaleur urbains ou encore un accès facilité aux lieux frais pendant les périodes de canicule.
Les chercheurs évoquent également l’importance d’une meilleure organisation du travail lors des épisodes extrêmes, notamment avec des horaires plus adaptés pour les personnes exposées à la chaleur.
La question de la chaleur devient ainsi un enjeu qui dépasse le simple domaine climatique. Elle touche aussi aux conditions de vie, aux revenus et à l’accès aux solutions permettant de mieux supporter les températures élevées.








