Ces assurés suisses pourraient être libérés de 44 millions de dettes de primes maladie

En Suisse, 44 millions de dettes liées aux primes relancent le débat sur une remise exceptionnelle pour les assurés en difficulté.

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Ces assurés suisses pourraient être libérés de 44 millions de dettes de primes maladie : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

En Suisse, la hausse continue des primes d’assurance maladie met une pression croissante sur les finances des ménages. Pour une partie de la population, ces coûts deviennent difficiles à assumer et conduisent à un endettement durable. 

Face à cette situation, une proposition politique vise désormais à offrir une remise exceptionnelle des dettes accumulées. Cette idée, portée au niveau fédéral, ravive un débat complexe entre solidarité sociale, accès aux soins et responsabilité individuelle.

Des dettes qui s’accumulent et enferment certains assurés

L’augmentation régulière des primes maladie a des conséquences directes sur le budget de nombreux assurés. Lorsque les paiements ne peuvent plus être assurés, les dettes s’accumulent rapidement et deviennent difficiles à résorber. En 2023, les arriérés auprès des caisses maladie atteignaient 44 millions de francs, un chiffre qui illustre l’ampleur du phénomène.

Cette situation ne se limite pas à une difficulté financière ponctuelle. Elle peut entraîner un véritable blocage administratif. En présence de dettes, les assurés ne peuvent plus changer de caisse maladie pour bénéficier d’une offre moins chère. Cette impossibilité renforce le poids des primes et enferme les personnes concernées dans un système dont elles ne peuvent plus s’extraire.

Dans certains cantons, les conséquences vont encore plus loin. Les assurés en défaut de paiement peuvent être inscrits sur une «liste noire». Dans ce cas, l’accès aux soins peut être limité aux seules urgences, ce qui pose des questions importantes en matière de santé publique. La précarité financière peut ainsi se transformer en risque sanitaire, avec des traitements retardés ou évités.

La conseillère nationale des Vert-e-s Katharina Prelicz-Huber met en avant cette réalité pour défendre une remise unique des dettes liées aux primes. Selon elle, ces arriérés démontrent que les primes ne sont plus supportables pour une partie de la population, indique Blick. Elle estime qu’un effacement ciblé permettrait à des milliers de personnes de repartir sur des bases plus stables et d’éviter de nouveaux impayés.

Une proposition politique qui divise mais s’inscrit dans un cadre plus large

La proposition de remise des dettes ne fait pas consensus. Elle soulève des interrogations sur son coût, son équité et ses effets à long terme. Certains craignent qu’une telle mesure ne soit perçue comme injuste par les assurés qui paient régulièrement leurs primes, malgré des contraintes financières parfois importantes.

D’un point de vue financier, la question est également sensible. Lorsque les primes ne sont pas payées, les cantons doivent intervenir et prendre en charge 85% des montants impayés, soit environ 315 millions de francs. Ce mécanisme montre que le problème dépasse largement les individus concernés et implique déjà des ressources publiques significatives.Les cantons disposent toutefois d’un outil peu utilisé. Ils peuvent racheter les actes de défaut de biens auprès des assureurs et devenir eux-mêmes créanciers. Cette solution permettrait notamment aux assurés de changer de caisse maladie, sans générer de coûts nettement plus élevés. Pourtant, selon une enquête du Beobachter, seuls quelques cantons ont eu recours à ce dispositif récemment.

Pour les partisans de la remise des dettes, la mesure resterait maîtrisable financièrement et pourrait même réduire certains coûts indirects, notamment en matière de santé publique et de gestion administrative. Ils soulignent qu’il s’agirait d’une intervention ponctuelle, destinée à débloquer des situations devenues inextricables.

Ce débat s’inscrit dans une réflexion plus large sur le système. Le Parlement travaille déjà sur un projet visant à permettre aux personnes fortement endettées de se désendetter. Après le Conseil national, le Conseil des Etats a validé en mars le principe de cette réforme. Celle-ci prévoit des conditions strictes, afin de cibler les bénéficiaires et d’encadrer le dispositif.

La question des dettes liées aux primes maladie dépasse ainsi le cadre d’une simple mesure ponctuelle. Elle met en lumière les limites d’un système confronté à une hausse continue des coûts et à des inégalités croissantes face aux charges de santé. Entre réponses d’urgence et réformes structurelles, le sujet devrait rester au cœur du débat politique dans les mois à venir.

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