L’assurance maladie n’y peut rien : 95 % des coûts de santé échappent aux assureurs en Suisse

Une analyse remet en cause le rôle de l’assurance maladie dans la hausse des coûts et pointe d’autres leviers souvent ignorés.

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Assurance
L’assurance maladie n’y peut rien : 95 % des coûts de santé échappent aux assureurs en Suisse : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le système suisse d’assurance maladie, encadré par la LAMal, fête ses 30 ans dans un contexte de fortes tensions autour des coûts de la santé. Alors que les primes continuent de peser sur les ménages, une analyse vient bousculer certaines idées reçues sur le rôle des assureurs. 

Le Centre universitaire de médecine générale et santé publique Unisanté estime que l’organisation de l’assurance influence très peu l’évolution des dépenses. Ce constat relance le débat sur les véritables leviers capables de contenir la hausse des coûts dans le système de santé helvétique.

L’assurance maladie, un rôle limité dans la dynamique des coûts

Trente ans après l’entrée en vigueur de la LAMal en 1996, le bilan dressé par Unisanté met en évidence un décalage entre les attentes et la réalité. Dans son dernier policy brief, l’institution souligne que la manière dont le système d’assurance est structuré n’a qu’un impact marginal sur les coûts globaux de la santé. Si certains liens existent entre organisation de l’assurance et niveau des dépenses, ils restent secondaires face à d’autres facteurs.

Un chiffre illustre particulièrement cette réalité, les frais administratifs liés à la gestion de l’assurance maladie ne représentent qu’environ 5 % des coûts totaux du système de santé. Les 95 % restants sont liés à une multitude d’éléments, parmi lesquels l’offre de soins, les pratiques médicales, l’évolution démographique ou encore le recours aux prestations. Cela signifie que les marges de manœuvre situées du côté des assureurs sont, dans les faits, relativement limitées.

Unisanté insiste sur un point souvent négligé dans le débat public, la focalisation sur les primes d’assurance ne permet pas de comprendre les causes profondes de la hausse des dépenses. Dans son analyse, le centre universitaire regrette que les discussions politiques se concentrent majoritairement sur le financement supporté par les assurés, plutôt que sur les mécanismes qui génèrent les coûts en amont.

Le constat est clair, agir uniquement sur l’organisation de l’assurance ou sur les modèles de primes ne suffit pas à infléchir durablement la trajectoire des dépenses. Cette conclusion remet en perspective le rôle attribué à la LAMal, souvent perçue comme un outil central de régulation, alors qu’elle fonctionne avant tout comme un dispositif de financement.

La régulation de l’offre de soins et la prévention au cœur des solutions

Face à ce diagnostic, Unisanté met en avant d’autres leviers jugés plus efficaces pour maîtriser les coûts. La régulation de l’offre de soins apparaît comme un élément déterminant. Cela inclut la planification hospitalière, la répartition des professionnels de santé ou encore le contrôle du volume des prestations fournies. Ces aspects influencent directement le niveau des dépenses, bien plus que la structure de l’assurance elle-même.

Le centre universitaire rappelle également que l’état de santé de la population dépend en grande partie de facteurs extérieurs au système de soins. Les conditions de vie, les comportements individuels et les politiques de prévention jouent un rôle majeur. Dans cette optique, investir dans la promotion de la santé et la prévention pourrait contribuer à limiter la progression des coûts à long terme.

Cette approche implique un changement de perspective dans le débat public. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les primes et les modèles d’assurance, il s’agirait de s’attaquer aux déterminants structurels des dépenses. Une telle orientation pourrait passer par des politiques renforçant la prévention, la coordination des soins ou encore l’utilisation appropriée des ressources médicales.

Dans un contexte où les coûts de la santé continuent d’augmenter en Suisse, ce constat apporte un éclairage différent sur les priorités à définir. Il souligne la nécessité d’élargir le champ des réformes envisagées, en intégrant des dimensions souvent reléguées au second plan dans les discussions politiques, selon Blick.

La réflexion engagée par Unisanté intervient à un moment charnière pour le système de santé suisse. Trente ans après la mise en place de la LAMal, elle invite à réévaluer les outils existants et à identifier plus précisément les leviers d’action réellement efficaces pour répondre aux défis à venir.

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