190 milliards de francs de PIB : la région lémanique devance Zurich et veut peser davantage à Berne

Avec 190 milliards de francs de PIB en 2024, Genève, Vaud et le Valais devancent le canton de Zurich, qui en affiche 167 milliards.

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190 milliards de francs de PIB : la région lémanique devance Zurich et veut peser davantage à Berne : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Les chiffres portent sur 2024, mais leurs répercussions sont bien actuelles. Alors que les priorités fédérales en matière d’infrastructures font débat, les responsables vaudois et genevois entendent mieux faire valoir la place de leur région dans l’économie suisse. Routes, nouvelles liaisons ferroviaires, temps de parcours : ils veulent voir leurs projets avancer.

Genève et Vaud dépassent Zurich, même sans le Valais

La grande région statistique lémanique réunit trois cantons : Genève, Vaud et le Valais. Avec ses 190 milliards de francs de PIB, elle affiche environ 23 milliards de plus que le canton de Zurich.

Même en retirant le Valais de la comparaison, Genève et Vaud restent devant. Leur PIB cumulé dépasse légèrement 168 milliards de francs, contre 167 milliards pour Zurich.

Cette avance s’observe malgré une population moins nombreuse. Les deux cantons lémaniques rassemblent environ 1,4 million d’habitants, tandis que Zurich en compte plus de 1,6 million.

Une nouvelle méthode qui rehausse le poids économique genevois

Ce classement découle d’une révision de la méthode utilisée par l’Office fédéral de la statistique pour calculer les PIB cantonaux. L’OFS s’appuie davantage sur les données propres aux entreprises afin d’attribuer plus précisément la valeur ajoutée aux territoires où elle est créée.

Genève bénéficie particulièrement de cette nouvelle approche. Pour l’année 2022, son PIB a été réévalué de 61 à 90 milliards de francs, notamment grâce à une meilleure prise en compte des bénéfices des négociants en matières premières.

Les ajustements concernent aussi d’autres cantons. La révision relève l’estimation vaudoise d’environ 12 %, tandis que celle de Zurich est corrigée à la baisse d’environ 1 %. Ces changements portent sur les niveaux calculés selon les deux méthodes.

L’OFS précise que les séries révisées restent provisoires. Des résultats consolidés et plus détaillés sont annoncés pour mars 2027.

Les élus réclament une traduction politique

Comme le rapporte 20 Minutes, la conseillère d’État vaudoise Isabelle Moret souligne que Genève et Vaud représentent près de 20 % du PIB national. « Il est grand temps que cela se traduise aussi sur le plan politique », affirme-t-elle en réclamant la priorité pour les projets routiers et ferroviaires lémaniques.

Le conseiller d’État genevois Pierre Maudet défend la même idée. « Genève et Vaud ne peuvent plus être considérés comme le fin fond de la Suisse aux yeux des Alémaniques », déclare le responsable de la mobilité.

Pour ces élus, le maintien de la prospérité nationale passe aussi par des infrastructures capables d’accompagner l’activité de la région.

Les priorités ferroviaires cristallisent les tensions

Le programme « Transports ’45 » concentre une partie des critiques. Des représentants romands dénoncent la place accordée au tunnel du Grimsel, entre le Valais et Berne, alors que plusieurs projets qu’ils jugent essentiels restent en retrait.

La conseillère nationale Brenda Tuosto critique notamment l’absence du tunnel Morges-Perroy et des réductions de temps de parcours sur la ligne Lausanne-Berne parmi les projets de priorité 1 destinés au message 2027.

La pression sur les réseaux nourrit ces demandes. Selon Le Temps, l’axe Lausanne-Genève accueille chaque jour quelque 150’000 usagers du train et 115’000 véhicules. Les milieux économiques vaudois et genevois ont ainsi réuni leurs représentants lors d’un premier Forum économique lémanique pour défendre ensemble leurs infrastructures auprès de Berne.

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