Plus de 100’000 sites mis hors ligne en Suisse : jusqu’où la facture peut-elle grimper pour les entreprises ?

Un site inaccessible, et les commandes ou les réservations peuvent s’arrêter avec lui. Après les coupures provoquées par l’alerte PHP, les entreprises suisses doivent regarder de près ce que quelques heures d’interruption peuvent leur coûter.

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Plus de 100’000 sites mis hors ligne en Suisse : jusqu’où la facture peut-elle grimper pour les entreprises ? : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Mercredi dernier, plus de 100’000 sites hébergés par Cyon ont été mis hors ligne par précaution. L’hébergeur bâlois cherchait à protéger ses clients face à deux failles critiques de PHP, un langage utilisé pour faire fonctionner de nombreux sites internet.

Ces vulnérabilités peuvent permettre à des attaquants d’exécuter du code malveillant sur les serveurs concernés sans s’authentifier. Des correctifs sont désormais disponibles. Chez Cyon, l’accès aux sites a été rétabli jeudi au petit matin, après l’installation des mises à jour sur l’ensemble des serveurs.

Pour les entreprises touchées, cette coupure pose une question très concrète : combien coûte une activité que les clients ne peuvent plus atteindre en ligne ?

Des frais d’urgence aux ventes qui échappent

La première dépense peut être celle de l’intervention informatique. Il faut mobiliser les bonnes personnes, mettre les logiciels à jour et vérifier que les services fonctionnent à nouveau. Pour une petite structure qui dépend d’un prestataire, la réaction doit pouvoir s’organiser rapidement.

Interrogé par Blick, Nicolas Mayencourt, fondateur et CEO de Dreamlab Technologies, explique que, dans le meilleur des cas, la facture se limite à une mise à jour d’urgence et à quelques adaptations logicielles.

Elle s’alourdit lorsque l’interruption dure. Une boutique inaccessible ne peut plus enregistrer ses ventes ; un prestataire risque de perdre des réservations. Le coût dépend alors du temps passé hors ligne et de la place du site dans l’activité quotidienne.

Une attaque réussie peut faire grimper les pertes en millions

Le scénario devient plus lourd encore si des cybercriminels exploitent la faille, s’introduisent dans les systèmes et font chanter l’entreprise. « Cela se chiffre rapidement en millions », avertit Nicolas Mayencourt.

L’expert évoque les conséquences possibles d’une attaque réussie, avec parfois la survie de l’entreprise en jeu. Il rappelle que des attaques par rançongiciel ont déjà provoqué en Suisse des situations mettant en péril des sociétés, voire des faillites.

Les PME doivent souvent réagir avec moins de moyens

Les petites et moyennes entreprises disposent rarement des mêmes ressources que les grands groupes. Beaucoup n’ont pas de service informatique interne et doivent gérer l’urgence tout en poursuivant leur travail habituel.

Nicolas Mayencourt souligne leur préparation parfois insuffisante, tout en rappelant que les protections fondamentales ne réclament généralement pas des budgets considérables. L’enjeu consiste notamment à pouvoir appliquer rapidement les correctifs et à disposer de sauvegardes utilisables lorsqu’un incident survient.

Les vérifications à mener avec son prestataire

Pour les failles PHP, l’Office fédéral de la cybersécurité recommande de faire confirmer la correction par les hébergeurs et les fournisseurs concernés. La vérification doit aussi porter sur les applications internes et les appareils qui intègrent PHP, parfois à l’insu de leurs utilisateurs. Il faut également rechercher d’éventuelles traces d’intrusion, même après l’installation des correctifs.

En complément, les mesures de protection générales comprennent les sauvegardes régulières conservées à l’écart des systèmes actifs et l’authentification à plusieurs facteurs pour les accès sensibles. Elles renforcent la protection de l’entreprise, tandis que la mise à jour corrige les vulnérabilités PHP.

L’OFCS conseille également d’aborder avec son prestataire les tests de restauration des données, le contact à joindre la nuit ou le week-end et le prix d’une intervention d’urgence.

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