Des loyers en hausse de 32 % malgré des taux bas : l’Asloca redoute une facture encore plus lourde pour les locataires

L’Association des locataires dénonce une pression croissante sur les ménages suisses. Elle s’inquiète aussi du contre-projet fédéral à son initiative, qui pourrait accentuer la hausse des loyers.

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Des loyers en hausse de 32 % malgré des taux bas : l’Asloca redoute une facture encore plus lourde pour les locataires © Sutterstock

Une fois le loyer payé, il faut encore faire tenir les courses, les factures et les autres dépenses dans ce qui reste du budget. Pour les ménages aux revenus modestes, une nouvelle hausse peut vite devenir difficile à absorber.

À l’occasion de la Journée internationale des locataires, lundi 5 octobre, l’Asloca a remis cette charge au centre du débat. Son inquiétude porte aussi sur les règles qui pourraient s’appliquer demain.

Vingt ans de hausse malgré des taux bas

Entre 2005 et 2025, l’indice des loyers a progressé de 32,1 %, rappelle l’association. Pendant cette période, les taux hypothécaires ont pourtant atteint des niveaux historiquement bas. L’Asloca dénonce un décalage : beaucoup de loyers auraient dû diminuer, estime-t-elle, alors que la tendance générale est restée à la hausse.

Le taux d’intérêt de référence utilisé pour l’adaptation de nombreux baux se situe actuellement à 1,25 %, confirme l’Office fédéral du logement. Une diminution de ce taux peut permettre de demander une réduction du loyer. Le résultat dépend toutefois du taux sur lequel repose le bail et des autres facteurs de coûts pris en compte.

Les petits revenus particulièrement exposés

L’association souligne le poids du logement pour les ménages dont le revenu brut ne dépasse pas 4 000 francs : ils y consacrent 37,8 % de leurs revenus. Une part qui réduit fortement la marge disponible pour les autres dépenses.

Autre indicateur, calculé cette fois sur le revenu disponible. D’après les données de l’OCDE citées par l’Asloca, un ménage locataire à faibles revenus sur deux, sur le marché libre en Suisse, verse plus de 40 % de ce revenu pour son seul loyer.

Cette pression intervient dans un pays où, d’après l’association, près de deux tiers des ménages sont locataires. Les logements abordables se raréfient également, ce qui peut compliquer un déménagement destiné à alléger la facture.

Les sociétés d’investissement gagnent du terrain

Le parc locatif a aussi changé de mains. Les chiffres de l’Asloca relayés par Blick montrent qu’en 2000, 57,3 % des logements loués appartenaient à des particuliers. En 2024, leur part était descendue à 43,2 %.

À l’inverse, celle des sociétés d’investissement est passée de 28,7 % à 44,4 % sur la même période. L’association souligne les rendements élevés obtenus grâce à l’immobilier. Elle réclame un changement de cap politique pour mieux protéger les locataires et préserver l’accès à des logements abordables.

Un contre-projet qui inquiète l’Asloca

L’association critique notamment le contre-projet indirect prévu par le Conseil fédéral à son initiative sur les loyers abusifs. Elle estime qu’il pourrait entraîner une « hausse encore plus forte des loyers ».

Le Conseil fédéral défend une autre lecture. Le 25 septembre, il a annoncé son rejet de l’initiative et son intention de lui opposer un contre-projet. Son objectif affiché est de rendre les règles de fixation des loyers plus claires et de renforcer la protection contre les abus. Il envisage notamment un loyer comparatif statistique pour le loyer initial et une indexation en cours de bail.

L’Asloca demande, pour sa part, l’application du principe du loyer fondé sur les coûts. Elle souhaite aussi renforcer la Lex Koller pour freiner l’afflux de capitaux financiers sur le marché du logement et développer davantage de logements d’utilité publique.

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