En août, 1627 personnes issues du secteur bancaire étaient inscrites auprès des offices régionaux de placement zurichois, soit une hausse de 36,2% en un an. Il faut remonter à 2004, après l’éclatement de la bulle internet, pour retrouver un niveau comparable.
Cette progression contraste avec la situation générale du canton. Le taux de chômage zurichois est resté stable à 2,9%, tandis que l’ensemble des secteurs comptait 26’050 demandeurs d’emploi, soit une hausse annuelle de 12,8%.
Un niveau jamais atteint depuis la crise de 2004
Le secteur bancaire n’avait plus connu une telle situation depuis plus de deux décennies. En 2004, environ 1800 employés de banque étaient inscrits au chômage après l’éclatement de la bulle internet, selon des chiffres relayés par Le Temps.
Lors des grandes restructurations bancaires de 2014, le nombre de chômeurs issus de la finance avait atteint environ 1430 personnes. Le niveau actuel dépasse donc largement cet épisode et reflète l’ampleur des changements en cours dans le secteur.
La principale explication se trouve dans la reprise de Credit Suisse par UBS en 2023. Cette opération historique a entraîné une vaste réorganisation afin de réduire les doublons entre les deux groupes et de réaliser des économies.
UBS poursuit ses réductions d’effectifs
Après l’intégration de Credit Suisse, UBS employait plus de 120’000 personnes dans le monde. À la fin du mois de juin, ses effectifs à plein temps étaient descendus à 99’085 collaborateurs.
La banque avait annoncé la suppression d’environ 3000 postes en Suisse, sans détailler précisément la répartition des suppressions par région. Zurich, qui accueille une grande partie des activités financières du groupe, figure parmi les sites les plus touchés.
Le mouvement devrait encore se poursuivre dans les prochains mois. UBS prévoit d’atteindre 13,5 milliards de dollars d’économies d’ici décembre, ce qui implique de nouvelles mesures de réduction des coûts.
Le symbole d’une finance suisse en transformation
Pendant des années, le secteur bancaire a représenté l’un des piliers de l’économie suisse, offrant des emplois très qualifiés et souvent très rémunérateurs. Mais la consolidation du secteur, la pression sur les coûts et la disparition progressive de certaines fonctions transforment profondément le marché du travail.
Le record actuel du chômage bancaire à Zurich illustre donc moins une crise générale de la place financière suisse qu’une phase de transition majeure après l’un des plus grands bouleversements de son histoire récente.
Reste à savoir si ces professionnels hautement qualifiés retrouveront rapidement des postes dans d’autres secteurs de la finance ou si une partie d’entre eux devra envisager une reconversion.








