Météo en Suisse : l’automne a près de 80 % de chances d’être plus chaud que la normale

Après un été marqué par des chaleurs persistantes, la Suisse pourrait ne pas retrouver de vraie fraîcheur à l’automne. Les nouvelles projections saisonnières de MétéoSuisse dessinent une tendance particulièrement nette pour les prochains mois.

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Météo en Suisse : l’automne a près de 80 % de chances d’être plus chaud que la normale : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

À peine la vague de chaleur commence-t-elle à s’éloigner que les regards se tournent déjà vers les prochains mois. Et les dernières projections saisonnières ne laissent guère entrevoir un véritable retour durable de la fraîcheur. 

MétéoSuisse estime que la période allant d’août à octobre présente une probabilité exceptionnellement élevée d’afficher des températures supérieures aux normales. Même si quelques épisodes frais resteront possibles, la tendance générale paraît désormais très nettement orientée vers la douceur.

Près de 80 % de chances d’avoir des températures supérieures à la normale

Les prévisions saisonnières de MétéoSuisse ne cherchent pas à déterminer la météo d’une journée précise plusieurs semaines à l’avance. Elles évaluent plutôt la tendance moyenne des températures sur les trois prochains mois, une méthode dont la fiabilité reste plus limitée que celle des prévisions à court terme.

Pour la période août-octobre 2026, le signal est pourtant particulièrement marqué. La probabilité d’enregistrer des températures supérieures aux normales climatiques approche les 80 %. À l’inverse, la possibilité de connaître une période globalement plus fraîche que la normale tombe sous les 5 %.

En Suisse alémanique, la température moyenne sur les trois mois pourrait dépasser 15°C. La barre serait supérieure à 16°C en Suisse romande et à 18°C au Tessin. Cela ne signifie toutefois pas que septembre et octobre seront marqués par une succession permanente de journées très chaudes.

Christoph Spirig, météorologue à MétéoSuisse, cité par Blick, insiste sur cette nuance : une moyenne saisonnière élevée n’exclut ni des passages nettement plus frais ni plusieurs journées consécutives de froid. Le scénario privilégié concerne l’ensemble de la période, pas la météo quotidienne.

Deux facteurs poussent les températures vers le haut

Deux éléments expliquent notamment pourquoi le scénario d’un automne frais paraît actuellement si peu probable.

Le premier est le réchauffement climatique. Les prévisions sont comparées à la période de référence 1991-2020 et, avec l’augmentation générale des températures observée au fil des décennies, les mois plus chauds que cette moyenne deviennent mécaniquement plus probables.

Le second facteur est El Niño. Ce phénomène naturel correspond à un réchauffement inhabituel d’une partie du Pacifique tropical et influence les conditions météorologiques à l’échelle mondiale.

L’Organisation météorologique mondiale estime désormais très probable la présence d’El Niño durant l’été 2026 et juge également très probable sa persistance au moins jusqu’en novembre. La plupart des modèles envisagent un épisode d’intensité au moins modérée, avec la possibilité qu’il devienne fort.

Selon Christoph Spirig, les projections saisonnières actuelles pour la Suisse intègrent également les effets attendus de ce phénomène.

Un automne chaud ne signifie pas trois mois de canicule

Le chiffre de 80 % peut sembler spectaculaire, mais il ne doit donc pas être interprété comme une probabilité de connaître une chaleur extrême pendant tout l’automne.

Les prévisions saisonnières fournissent avant tout une indication sur la moyenne des températures. Elles ne peuvent pas dire dès maintenant si une vague de chaleur surviendra précisément en septembre, ni prévoir une période froide à une date donnée.

MétéoSuisse rappelle d’ailleurs que la qualité des prévisions à longue échéance reste limitée. Elles reposent sur des modèles climatiques alimentés par de nombreuses observations mondiales, notamment issues des stations météorologiques, des avions et des océans.

Le signal actuel reste néanmoins inhabituellement clair : un scénario globalement frais entre août et octobre apparaît très improbable.

Après un été déjà marqué par de fortes chaleurs et une sécheresse persistante, la Suisse pourrait donc entrer dans l’automne sans véritable rupture thermique durable. Il faudra toutefois attendre les prévisions à plus courte échéance pour savoir comment cette douceur se traduira concrètement semaine après semaine.

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