Assurance maladie en Suisse : les coûts atteignent désormais 4834 francs par personne

Les dépenses de santé continuent de grimper en Suisse, et les chiffres publiés pourraient même sous-estimer la réalité. Une évolution qui risque une nouvelle fois de peser sur le portefeuille des assurés.

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Assurance maladie en Suisse : les coûts atteignent désormais 4834 francs par personne : Crédit : 20Min/Carole Alkabes | Econostrum.info - Suisse

Les dépenses de l’assurance maladie continuent de progresser en Suisse. Au deuxième trimestre 2026, elles ont augmenté de 0,4 % sur un an pour atteindre 4834 francs par personne en moyenne. 

Cette hausse reste toutefois probablement sous-estimée en raison de retards de facturation liés au nouveau système tarifaire ambulatoire. L’OFSP s’attend d’ailleurs à une progression réelle nettement plus importante une fois ces retards résorbés.

4834 francs de dépenses par personne sur un an

Selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique, les coûts de l’assurance obligatoire des soins ont atteint 4834 francs par personne en moyenne sur douze mois au deuxième trimestre 2026.

Cela représente 21 francs de plus que durant la même période de l’année précédente, soit une augmentation de 0,4 %.

La progression concerne presque toutes les catégories de prestations. Les soins à domicile affichent l’une des hausses les plus marquées, avec une progression de 14,9 %, correspondant à 24 francs supplémentaires par personne.

La psychothérapie réalisée par des psychologues augmente de 10,9 %, soit 9 francs de plus. La physiothérapie progresse quant à elle de 7,2 %, pour une hausse de 13 francs.

En valeur absolue, les consultations médicales ambulatoires représentent toujours le principal poste de dépenses avec 1101 francs par personne, soit 73 francs de plus sur un an.

Les médicaments remis par les pharmacies ou directement par les médecins arrivent ensuite, avec une dépense moyenne de 913 francs, en hausse de 28 francs.

Les chiffres actuels pourraient sous-estimer la véritable hausse

Les données publiées par l’OFSP doivent toutefois être interprétées avec prudence. L’introduction, au début de l’année, d’un nouveau système tarifaire pour les prestations médicales ambulatoires a provoqué des retards dans l’envoi et le traitement de certaines factures.

Cette situation est particulièrement visible dans les soins ambulatoires à l’hôpital. Les statistiques font apparaître une baisse de 15,7 %, soit environ 150 francs par personne.

Cette diminution ne reflète toutefois pas nécessairement une baisse réelle de l’activité médicale. Elle s’expliquerait en grande partie par des factures qui n’ont pas encore été comptabilisées.

L’OFSP ne sait pas encore quand l’ensemble de ces retards sera rattrapé ni quelle sera leur influence exacte sur les statistiques finales.

L’administration fédérale s’attend cependant à ce que la progression réelle des coûts soit «nettement plus élevée» que les 0,4 % actuellement affichés.

La hausse des dépenses continue de peser sur les primes

L’évolution des coûts de la santé reste directement liée à celle des primes d’assurance maladie. Plus les dépenses prises en charge par l’assurance obligatoire augmentent, plus la pression sur les primes payées par les ménages devient importante.

L’OFSP reconnaît que cette progression constitue une charge financière importante pour une partie de la population.

Les traitements hospitaliers stationnaires représentent actuellement 899 francs par personne sur une année, soit 14 francs de plus. Les traitements ambulatoires à l’hôpital atteignent pour leur part 807 francs dans les statistiques provisoires, malgré l’effet des retards de facturation.

Les autorités cherchent depuis plusieurs années à freiner cette dynamique. En octobre 2025, une table ronde réunissant plusieurs acteurs du système de santé avait convenu de mesures destinées à générer environ 300 millions de francs d’économies.

La maîtrise des dépenses reste néanmoins un chantier permanent. Avec des coûts qui progressent dans presque toutes les catégories de soins et des données encore incomplètes pour 2026, la pression sur le financement de l’assurance maladie suisse ne devrait pas disparaître rapidement.

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