Le chocolatier suisse Lindt & Sprüngli fait face à une nouvelle controverse aux États-Unis. Le groupe zurichois est visé par une plainte qui met en cause ses pratiques dans sa chaîne d’approvisionnement en cacao.
Les accusations concernent notamment ses engagements dans la lutte contre le travail des enfants au Ghana et en Côte d’Ivoire. Lindt rejette ces reproches et affirme avoir mis en place des mesures de contrôle auprès de ses fournisseurs.
Une plainte vise la chaîne d’approvisionnement en cacao de Lindt
Lindt & Sprüngli devra répondre devant la justice américaine après le dépôt d’une plainte auprès d’un tribunal du district de Columbia. Selon Bloomberg, l’action en justice reproche au fabricant suisse de chocolat d’avoir communiqué de manière trompeuse sur ses engagements concernant la lutte contre le travail des enfants dans ses chaînes d’approvisionnement au Ghana et en Côte d’Ivoire.
Les plaignants estiment que, malgré les engagements affichés par l’entreprise pour mettre fin à ces pratiques, Lindt continuerait à bénéficier indirectement d’une production de cacao issue de filières où le travail des enfants reste présent.
Le cabinet d’avocats à l’origine de la plainte accuse notamment le groupe de ne pas prendre suffisamment de mesures concrètes pour empêcher ce phénomène. Les accusations portent donc principalement sur l’écart supposé entre les engagements publics de l’entreprise et la réalité de ses pratiques d’approvisionnement.
Cette affaire intervient dans un secteur régulièrement confronté aux critiques liées aux conditions de production du cacao. Le Ghana et la Côte d’Ivoire, qui figurent parmi les principaux producteurs mondiaux, sont depuis plusieurs années au centre des débats sur les conditions de travail dans les plantations.
Lindt rejette les accusations et défend ses contrôles
Lindt & Sprüngli conteste les reproches formulés à son encontre. Un porte-parole du groupe a déclaré à l’agence AWP que l’entreprise disposait de directives spécifiques destinées aux fournisseurs et qu’elle enquêtait systématiquement lorsqu’elle détectait des soupçons de travail des enfants dans sa chaîne d’approvisionnement, cite la RTS.
Le chocolatier affirme prendre cette problématique « très au sérieux » et considère les accusations comme infondées. Selon l’entreprise, ces critiques reprennent des arguments déjà utilisés par la même organisation contre d’autres fabricants de chocolat.
Lindt rappelle également avoir renforcé ses engagements ces dernières années. Le groupe s’était notamment fixé pour objectif de s’approvisionner, à partir de 2026, uniquement auprès de fournisseurs disposant d’un système de surveillance du travail des enfants.
Cette plainte intervient alors que les grands acteurs du chocolat sont soumis à une pression croissante pour améliorer la traçabilité de leurs matières premières. Entre exigences réglementaires, attentes des consommateurs et enjeux d’image, les entreprises du secteur cherchent à démontrer que leurs chaînes d’approvisionnement répondent à des standards plus stricts.
L’issue de la procédure américaine pourrait donc représenter un nouveau test pour Lindt, alors que le groupe affirme vouloir renforcer ses pratiques responsables dans un marché du cacao toujours marqué par de fortes controverses.








