Swatch Group traverse un premier semestre 2026 pour le moins contrasté. Le géant horloger suisse n’a dégagé que 16 millions de francs de bénéfice net, très loin des attentes du marché.
Pourtant, derrière ce chiffre décevant se cache une évolution nettement plus encourageante : les ventes accélèrent depuis le mois de mai et cette dynamique s’est poursuivie en juillet. Le groupe table désormais sur une amélioration sensible de sa rentabilité durant la deuxième moitié de l’année.
Seulement 16 millions de bénéfice malgré des ventes en hausse
Entre janvier et juin 2026, Swatch Group a enregistré un bénéfice net de 16 millions de francs, contre 17 millions durant la même période un an plus tôt. Le recul atteint ainsi 5,8 % et le résultat se situe surtout très loin des 95 millions de francs anticipés en moyenne par les analystes interrogés par l’agence AWP, comme le relève Blick.
Le bénéfice opérationnel a également reculé, passant de 68 millions à 52 millions de francs. Le groupe explique notamment cette faiblesse par les résultats de ses activités de production et par sa décision de maintenir ses capacités ainsi que les emplois associés malgré une utilisation encore insuffisante de certaines installations.
Les ventes racontent toutefois une histoire beaucoup plus favorable. Le chiffre d’affaires s’est établi à environ 3,1 milliards de francs au premier semestre, soit une progression de 2 % à taux de change courants. En neutralisant les variations des devises, la hausse atteint même 8,5 %.
Cette progression concerne les différentes catégories de prix du portefeuille de Swatch Group, qui rassemble notamment Omega, Longines, Tissot, Breguet, Blancpain ou encore Hamilton.
Les États-Unis se distinguent particulièrement. Les ventes de montres et de bijoux y ont progressé de 27 % durant le semestre. Une amélioration a également été constatée en Chine, à Hong Kong et à Macao, régions historiquement essentielles pour l’industrie horlogère suisse.
Dans les boutiques exploitées directement par le groupe sur ces marchés, les ventes ont augmenté de 9 %. Les commandes de réapprovisionnement passées par les détaillants indépendants restent en revanche plus modestes.
Mai a marqué un véritable tournant pour Swatch
Le principal motif d’optimisme se trouve cependant dans l’évolution récente des ventes. La demande s’est nettement accélérée en mai et en juin avant de conserver cette dynamique durant les premières semaines de juillet.
Le lancement de la Royal Pop, développée avec Audemars Piguet, a notamment créé un engouement considérable. Dans plusieurs grandes villes, les files d’attente devant les boutiques ont été suffisamment importantes pour obliger Swatch à prendre des mesures afin de gérer l’affluence.
Selon les résultats semestriels publiés par Swatch Group le 21 juillet, cette accélération des ventes permet désormais une meilleure utilisation des capacités de production et devrait entraîner une « amélioration significative » de la profitabilité au second semestre. Le groupe estime également que la dynamique actuelle laisse entrevoir une croissance importante des ventes durant la deuxième moitié de 2026.
Ce regain d’activité pourrait être particulièrement important pour Swatch. Le maintien volontaire de capacités de production élevées et des emplois qui y sont associés pèse sur les résultats lorsque les volumes sont insuffisants. Une hausse de la demande permet au contraire de mieux répartir ces coûts et d’améliorer rapidement les marges.
Le premier semestre laisse donc apparaître deux réalités très différentes. D’un côté, la rentabilité reste faible et largement inférieure à ce qu’espérait le marché. De l’autre, les ventes ont retrouvé une progression solide sur plusieurs marchés importants et leur accélération depuis mai pourrait permettre au groupe horloger suisse de présenter un visage nettement différent au second semestre.








