La lutte contre les cancers liés au papillomavirus franchit une nouvelle étape en Suisse. Swissmedic a élargi provisoirement certaines indications du vaccin Gardasil 9 aux personnes âgées de 9 à 45 ans.
Les hommes de 27 à 45 ans sont particulièrement concernés par une partie de cette extension. Une décision qui élargit les possibilités d’utilisation du vaccin, sans modifier pour l’instant les recommandations générales de l’OFSP.
De nouvelles indications autorisées jusqu’à 45 ans
Gardasil 9 peut désormais être utilisé, à titre provisoire, pour prévenir les cancers de l’oropharynx et d’autres cancers de la tête et du cou associés aux types de HPV couverts par le vaccin chez les personnes âgées de 9 à 45 ans.
Pour les hommes de 27 à 45 ans, Swissmedic a également étendu provisoirement l’indication à la prévention du cancer anal, de certaines lésions précancéreuses de l’anus et des verrues génitales, comme l’indique Blick.
Jusqu’ici, l’indication non provisoire pour ces maladies concernait les garçons et les hommes âgés de 9 à 26 ans. Chez les filles et les femmes de 9 à 45 ans, Gardasil 9 est déjà autorisé pour la prévention de plusieurs cancers et lésions précancéreuses touchant notamment le col de l’utérus, la vulve, le vagin et l’anus.
Le vaccin cible neuf types de papillomavirus humains : les HPV 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58. Certains de ces virus peuvent être à l’origine de lésions précancéreuses et de plusieurs formes de cancer.
L’élargissement accordé par Swissmedic reste toutefois provisoire. L’information professionnelle du médicament précise que la documentation disponible n’était pas encore complète au moment de l’évaluation de la demande.
Cette autorisation est donc liée au respect d’exigences supplémentaires. Lorsque les données demandées auront été fournies et les conditions remplies, les indications concernées pourront éventuellement passer à une autorisation sans conditions particulières.
Il faut également éviter une confusion importante. Une extension d’indication par Swissmedic ne signifie pas que le vaccin est désormais recommandé systématiquement à toute la population jusqu’à 45 ans.
Le Plan de vaccination suisse 2026 continue de recommander la vaccination contre les HPV à tous les adolescents de 11 à 14 ans. Entre 15 et 26 ans, elle est recommandée comme vaccination de rattrapage. Au-delà, la nouvelle autorisation élargit les possibilités médicales d’utilisation de Gardasil 9, mais la situation doit être discutée individuellement avec un professionnel de santé.
Les cancers liés au HPV ne concernent pas seulement les femmes
Pendant longtemps, la communication autour du papillomavirus s’est surtout concentrée sur le cancer du col de l’utérus. Pourtant, les HPV peuvent également être impliqués dans d’autres cancers, notamment au niveau de l’anus et de la région de la tête et du cou.
C’est précisément sur ce terrain que l’élargissement de Gardasil 9 prend une nouvelle dimension pour les hommes.
Les nouvelles indications provisoires incluent les cancers de l’oropharynx et d’autres cancers de la tête et du cou liés aux neuf types de HPV couverts par le vaccin. L’oropharynx comprend notamment une partie de la gorge située derrière la bouche.
Le vaccin reste un outil de prévention. Il n’est pas destiné à traiter une infection HPV déjà active ou une maladie déjà installée. Son bénéfice est généralement le plus important lorsqu’il est administré avant une exposition au virus, raison pour laquelle les autorités suisses recommandent en priorité la vaccination durant l’adolescence.
L’OFSP et la Commission fédérale pour les vaccinations insistent sur une vaccination idéalement réalisée entre 11 et 14 ans, avant les premiers contacts sexuels. Un rattrapage reste recommandé jusqu’à 26 ans.
Gardasil 9 ne protège pas non plus contre tous les papillomavirus existants. Les mesures de dépistage restent donc importantes, notamment pour le cancer du col de l’utérus. Une personne vaccinée doit continuer à suivre les recommandations de dépistage qui la concernent.
La nouvelle extension ne signifie pas davantage que les personnes ayant terminé leur vaccination avec un ancien vaccin doivent automatiquement recommencer une série avec Gardasil 9. Une vaccination déjà effectuée doit être évaluée en fonction de la situation individuelle et des recommandations médicales.
L’autorisation provisoire accordée en Suisse montre toutefois que la prévention des cancers liés aux HPV s’étend désormais au-delà du seul cancer du col de l’utérus. Les hommes et les cancers de la tête et du cou prennent une place croissante dans cette stratégie.
Pour les personnes âgées de plus de 26 ans, la question ne se résume donc pas à courir immédiatement se faire vacciner. Le changement ouvre plutôt une nouvelle possibilité à discuter avec un médecin selon l’âge, les antécédents vaccinaux et la situation individuelle.
Swissmedic a élargi le terrain de Gardasil 9 jusqu’à 45 ans pour certaines indications. Reste désormais à voir si les recommandations vaccinales suisses évolueront à leur tour.








