La Suisse vient de franchir une nouvelle étape dans sa stratégie commerciale en Asie. Avec ses partenaires de l’Association européenne de libre-échange, elle a bouclé les négociations d’un accord avec le Vietnam.
L’objectif est clair, faire tomber une partie des barrières qui freinent encore les entreprises. Un rapprochement qui intervient alors que les échanges entre les deux blocs pèsent déjà plusieurs milliards d’euros.
Un accord qui ouvre davantage le marché vietnamien
Après des mois de discussions intensives, l’AELE et le Vietnam sont arrivés au bout de leurs négociations, indique le communiqué du DEFR. La conclusion a été annoncée le 2 juillet, quelques jours après la réunion ministérielle de l’organisation à Reykjavik, en Islande. Selon l’AELE, les équipes avaient encore mené des discussions techniques poussées dans la capitale islandaise avant les échanges au niveau ministériel.
La Suisse était directement représentée dans cette dernière ligne droite. Guy Parmelin, président de la Confédération en 2026 et chef du Département fédéral de l’économie, a participé aux discussions aux côtés des représentants de l’Islande, de la Norvège et du Liechtenstein.
Le dossier ne date pourtant pas d’hier. Les négociations entre l’AELE et Hanoï avaient connu un long parcours avant d’être relancées le 8 septembre 2025 à Genève. Cinq cycles de discussions ont ensuite été nécessaires pour parvenir à un terrain d’entente.
Derrière le langage diplomatique, l’enjeu est très concret pour les entreprises. L’accord doit réduire ou supprimer des droits de douane et faciliter le commerce entre le Vietnam et les quatre États de l’AELE. Il touche aussi les services, les investissements, les règles d’origine, les marchés publics et la propriété intellectuelle. Les questions sanitaires, les obstacles techniques au commerce et le développement durable font également partie du texte.
Pour les entreprises suisses qui regardent vers l’Asie, cette ouverture peut donc changer la donne. Des conditions commerciales plus prévisibles et des barrières douanières réduites peuvent faciliter l’accès à un pays devenu une importante plateforme industrielle et commerciale de la région.
Des échanges qui pèsent déjà 4,8 milliards d’euros
L’accord ne part pas de zéro. En 2025, les échanges commerciaux entre les pays de l’AELE et le Vietnam ont atteint 4,8 milliards d’euros, indique la TDG. Le Vietnam affichait un excédent commercial de 2,5 milliards d’euros avec le bloc, contre seulement 500 millions une décennie plus tôt. Les statistiques suisses utilisées dans ce calcul excluent les échanges d’or.
La composition de ces échanges montre à quel point les deux marchés sont déjà connectés. Les principales exportations de l’AELE vers le Vietnam comprennent les machines électriques, les produits pharmaceutiques, les machines mécaniques et les produits de la pêche. Dans l’autre sens, les pays de l’AELE importent notamment des équipements électriques, des chaussures et des vêtements vietnamiens.
Plusieurs de ces catégories ont connu une croissance annuelle moyenne supérieure à 10% au cours des dix dernières années. Une dynamique qui aide à comprendre pourquoi les deux parties ont voulu accélérer les discussions après leur relance à Genève.
Pour l’AELE, le contexte international donne aussi une autre dimension à l’accord. Le ministre norvégien des Affaires étrangères Espen Barth Eide, porte-parole de l’organisation durant les négociations, a insisté sur la nécessité de renforcer les relations avec des partenaires commerciaux jugés fiables dans une période d’incertitude mondiale. L’organisation estime que le texte doit améliorer l’accès aux marchés et rendre les conditions plus prévisibles pour les entreprises.
Pour la Suisse, le Vietnam représente surtout une porte supplémentaire vers une économie asiatique en forte transformation. Le pays occupe déjà une place importante dans les chaînes de production et attire les investissements grâce à son secteur manufacturier.
La conclusion des négociations ne constitue toutefois pas encore l’entrée en vigueur immédiate du libre-échange. Elle ouvre une nouvelle phase avant l’application effective de l’accord. Mais sur le plan politique et commercial, le signal est déjà fort. Berne et ses partenaires de l’AELE veulent se rapprocher d’un marché vietnamien avec lequel les échanges ont fortement progressé en dix ans.








