Pas de percée à Washington : la Suisse reste exposée aux droits de douane américains

La Suisse n’a pas encore obtenu d’accord contraignant avec les États-Unis sur les droits de douane. À Washington, Guy Parmelin a défendu la prolongation du compromis conclu en novembre, sans annoncer de percée.

Publié le
Lecture : 3 min
washington
Pas de percée à Washington : la Suisse reste exposée aux droits de douane américains : Crédit : SALVATORE DI NOLFI / keystone-sda.ch | Econostrum.info - Suisse

La mission américaine de Guy Parmelin n’a pas débouché sur le résultat espéré. Le président de la Confédération a quitté Washington sans pouvoir annoncer d’avancée décisive dans les négociations douanières avec les États-Unis. Pour Berne, l’objectif reste pourtant clair : maintenir un cadre stable pour les exportateurs suisses.

Le dossier est sensible, car les droits de douane américains pèsent directement sur plusieurs secteurs de l’économie helvétique. Machines, dispositifs médicaux, produits industriels, horlogerie ou encore biens de précision, de nombreuses entreprises suivent ces discussions avec attention. La Suisse veut surtout éviter un retour à une situation plus coûteuse et moins prévisible.

Berne veut prolonger le compromis à 15%

Selon les informations relayées par Blick, Guy Parmelin a rencontré à Washington le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, dans une atmosphère qualifiée d’amicale. Mais cette rencontre n’a pas permis d’annoncer un accord formel. La Suisse plaide désormais pour que la déclaration d’intention conclue en novembre dernier continue de s’appliquer.

Ce texte avait permis de ramener les droits de douane américains visant la Suisse de 39% à 15%. Pour Berne, il s’agit d’un seuil essentiel. Guy Parmelin a rappelé que la Suisse avait respecté les concessions prévues dans la déclaration commune et qu’elle attendait la même attitude de la part de Washington.

Le président de la Confédération a résumé sa position par une formule directe : « Un accord est un accord. » Derrière cette phrase, Berne insiste sur la réciprocité. La Suisse estime avoir agi rapidement pour mettre en œuvre les engagements pris, notamment sur la suppression de droits de douane concernant certains produits américains.

Le Conseil fédéral entend aussi avancer sur plusieurs dossiers techniques. Il s’agit notamment des organismes d’évaluation de la conformité, des dispositifs médicaux, des voitures de tourisme et des marchés publics. L’objectif est de faciliter la reconnaissance de certaines normes américaines dans ces domaines, afin de montrer que la Suisse applique sa part du compromis.

Aucune garantie ferme obtenue à Washington

Malgré ces efforts, Guy Parmelin n’a pas obtenu d’engagement clair des autorités américaines sur la poursuite du dispositif actuel. Les discussions doivent donc continuer. Pour l’économie suisse, cette absence de garantie entretient une forme d’incertitude à l’approche de l’échéance de fin juillet.

La Suisse reste aussi exposée aux enquêtes américaines ouvertes au titre de la section 301 de la loi américaine sur le commerce. Ces procédures visent des pratiques commerciales jugées prétendument déloyales par Washington. Les accusations portent notamment sur les surcapacités structurelles dans la production industrielle et sur la lutte contre le travail forcé.

Les États-Unis pourraient, dans ce cadre, imposer des droits de douane supplémentaires pouvant atteindre 12,5%. Guy Parmelin a rejeté ces accusations de manière catégorique. Selon lui, la Suisse ne doit pas être visée par de telles mesures, d’autant plus qu’elle estime avoir respecté les termes de l’accord conclu avec Washington.

Le représentant américain Jamieson Greer aurait toutefois indiqué qu’aucun droit de douane supplémentaire ne serait imposé pour l’instant à la Suisse. Berne continuerait ainsi d’être traitée dans le cadre de la clause de la nation la plus favorisée. Mais cette assurance ne remplace pas encore l’accord contraignant que la Suisse souhaite obtenir.

Les exportateurs suisses restent dans l’attente

Pour les entreprises suisses, l’enjeu est très concret. Des droits de douane plafonnés à 15% permettent de préserver une certaine prévisibilité et de rester aligné sur les principaux concurrents économiques de la Suisse. Une hausse supplémentaire compliquerait les marges, les prix et les décisions d’investissement.

Guy Parmelin a aussi mis en avant les avantages déjà obtenus par les exportateurs américains. Selon lui, les nouvelles possibilités ouvertes par la déclaration commune ont profité aux entreprises des États-Unis. Berne rappelle également que des investissements privés suisses sont en cours pour soutenir la réindustrialisation américaine.

Cette semaine, le président de la Confédération poursuit sa visite aux États-Unis. Il doit notamment se rendre auprès d’entreprises suisses qui investissent sur le sol américain, mais aussi d’entreprises américaines présentes en Suisse. L’idée est de souligner l’interdépendance économique entre les deux pays.

Pour l’instant, le message reste donc prudent. La Suisse n’a pas trouvé d’accord définitif à Washington, mais elle veut empêcher une détérioration du cadre douanier. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si le plafond de 15% peut être prolongé ou transformé en solution plus solide.

Laisser un commentaire

Share to...