La campagne autour de l’initiative dite des «12%» est lancée dans le canton de Vaud, avec un débat déjà très polarisé. Le texte propose une baisse de 12% de l’impôt cantonal sur le revenu et sur la fortune.
Porté par les milieux économiques, il est présenté comme une mesure de soutien au pouvoir d’achat. En face, une large coalition regroupant la gauche et des syndicats dénonce une réforme «inégalitaire» et «risquée».
Une baisse d’impôts jugée très concentrée
Le coût de la mesure est estimé à environ 272 millions de francs pour les finances cantonales, selon les autorités. Un montant jugé important par les opposants, qui estiment qu’une telle baisse fiscale ne peut pas être absorbée sans conséquences sur les prestations publiques.
Pour le conseiller national socialiste Benoît Gaillard, figure du camp du «non», l’initiative ne profite pas de manière équilibrée à la population. Intérrogé par Blick, il souligne que la baisse sur l’impôt de la fortune ne concernerait qu’une minorité de contribuables, et toucherait surtout les patrimoines les plus élevés.
Selon lui, une part importante des allègements fiscaux serait captée par les ménages les plus aisés, tandis que les effets sur la classe moyenne resteraient limités. Il critique ainsi un mécanisme qui, selon lui, accentuerait les écarts plutôt que de renforcer le pouvoir d’achat de manière large.
Le financement au cœur des inquiétudes
Au centre des tensions, la question du financement de cette baisse fiscale reste floue pour les opposants. Ils estiment qu’une réduction de cette ampleur impliquerait nécessairement des arbitrages budgétaires difficiles.
Benoît Gaillard évoque notamment les risques sur certains services publics, comme les transports, les structures d’accueil ou encore le soutien au système de santé. Pour lui, l’idée selon laquelle une baisse de 300 millions de francs pourrait être compensée sans impact concret est irréaliste.
Un canton déjà sous pression budgétaire
Les opposants rappellent également que le canton de Vaud n’est pas dans une situation de confort financier. Le budget 2026 prévoit un déficit d’environ 300 millions de francs, ce qui alimente les craintes sur la capacité de l’État à absorber une perte de recettes supplémentaire.
Dans ce contexte, ils estiment que l’initiative repose sur une lecture trop optimiste des finances cantonales et des réserves disponibles.
Les partisans du texte défendent une mesure simple : alléger la fiscalité pour tous afin de soutenir le pouvoir d’achat. Mais pour ses opposants, l’effet réel serait plus contrasté, avec des gains concentrés en haut de l’échelle des revenus et un risque indirect pour les classes moyennes via d’éventuelles réductions de prestations.
Le vote du 27 septembre s’annonce ainsi comme un moment clé pour le canton de Vaud, entre promesse de baisse d’impôts généralisée et débat sur l’équilibre entre allègement fiscal et maintien des services publics.








