Changer d’emploi avant décembre peut vous faire perdre plus de 10’000 francs à la retraite

En Suisse, quitter son emploi avant la fin de l’année peut avoir un impact inattendu sur la caisse de pension et vous perdre jusqu’à 10 000 francs.

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Changer d’emploi avant décembre peut vous faire perdre plus de 10’000 francs à la retraite : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Changer d’emploi en cours d’année paraît souvent sans conséquence majeure. Mais en Suisse, ce choix peut réserver une mauvaise surprise au moment de calculer les intérêts versés sur le capital de retraite.

Dans de nombreuses caisses de pension, les assurés qui partent avant le 31 décembre ne bénéficient pas toujours du même taux que ceux qui restent jusqu’à la fin de l’année. Résultat, leur avoir de vieillesse peut être moins bien rémunéré, avec un impact parfois important sur leur future retraite.

Une perte qui peut dépasser 10’000 francs

Le problème concerne les avoirs de vieillesse du 2e pilier. L’an dernier, les assurés ont bénéficié d’un taux d’intérêt moyen de 4,3%, selon le rapport annuel de la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle. Pour un capital de 300’000 francs, cela représente 12’900 francs crédités sur le compte de prévoyance.

Mais en cas de départ en cours d’année, la situation peut être très différente. Beaucoup de caisses appliquent alors un taux dit “en cours d’année”, souvent limité au taux minimal LPP, fixé à 1,25%. Sur le même capital de 300’000 francs, les intérêts ne représentent plus que 3’750 francs. L’écart peut donc atteindre plusieurs milliers de francs, selon Blick.

Plus le capital de prévoyance est élevé, plus la perte potentielle devient importante. Pour les personnes proches de la retraite ou disposant d’un avoir conséquent, la différence entre un taux de 4% ou plus et un taux minimal peut dépasser 10’000 francs.

Le problème devient encore plus sensible pour les personnes qui changent régulièrement d’emploi. Les travailleurs temporaires sont particulièrement exposés. À chaque transition professionnelle, ils peuvent perdre une partie de la rémunération attendue sur leur capital de retraite. À long terme, ces pertes peuvent se traduire par une rente plus faible.

Marius Osterfeld, président du conseil de fondation de la Fondation 2e pilier Swissstaffing, critique cette pratique. Selon lui, chaque franc cotisé devrait bénéficier d’une rémunération correcte, même lorsqu’un assuré quitte une entreprise en cours d’année.

Swissstaffing a donc choisi une autre approche, appliquer un taux d’intérêt identique pour tous, quelle que soit la date de sortie. La fondation affiche actuellement un taux de 3,75%.

Des écarts visibles sur la future rente

Les calculs réalisés pour Swissstaffing montrent l’ampleur possible du manque à gagner. Pour un salaire annuel de 58’500 francs et un avoir de vieillesse d’environ 224’000 francs, la rémunération au taux minimal atteint 2’566 francs. Avec le taux appliqué par Swissstaffing, elle monte à 7’698 francs.

Dans ce cas, la rente annuelle future serait supérieure de 349 francs. Pour un salaire de 110’000 francs et un capital d’environ 584’000 francs, l’écart de rémunération dépasse 10’000 francs. La différence sur la rente annuelle atteindrait alors 910 francs.

Ces montants peuvent sembler limités sur une seule année, mais ils deviennent plus lourds lorsque les changements d’emploi se répètent. Dans certains parcours professionnels, la perte de rente peut atteindre plusieurs milliers de francs sur la durée.

Les caisses invoquent la prudence

Du côté des caisses de pension, le sujet est connu. Les institutions expliquent qu’il est difficile de fixer un taux définitif avant la fin de l’année, car celui-ci dépend fortement de la performance réelle des placements.

Nico Fiore, de l’association Interpension, reconnaît que les écarts peuvent être mal vécus par les assurés. Mais selon lui, les caisses doivent rester prudentes. Un taux trop élevé fixé trop tôt pourrait créer des risques si les marchés financiers se retournent durant l’année.

Un taux identique pour tous serait possible, mais il obligerait les caisses à s’engager à l’avance. En période de volatilité, cela réduirait leur marge de manœuvre.

Un point à vérifier avant de changer d’emploi

Pour les assurés, cette réalité rappelle l’importance de se renseigner avant un changement professionnel. Les règles de rémunération de l’avoir de vieillesse peuvent varier fortement d’une caisse de pension à l’autre.

Avant d’accepter un nouveau poste ou de fixer une date de départ à la retraite, il peut donc être utile de demander comment les intérêts sont calculés en cas de sortie en cours d’année. Ce détail technique peut avoir un impact concret sur le capital de prévoyance.

En Suisse, changer d’emploi ne modifie donc pas seulement le salaire ou les conditions de travail. Dans certains cas, cela peut aussi peser directement sur la retraite future.

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