Moins de bébés, moins de “oui” : la Suisse face à une nouvelle réalité démographique 

La Suisse continue de voir sa natalité s’éroder. En 2025, les naissances ont légèrement baissé, les décès sont restés stables et les mariages comme les divorces ont reculé.

Publié le
Lecture : 2 min
Moins
Moins de bébés, moins de “oui” : la Suisse face à une nouvelle réalité démographique : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Les chiffres définitifs de l’Office fédéral de la statistique confirment une tendance déjà visible depuis plusieurs années. La Suisse enregistre moins de naissances, moins de mariages et moins de divorces, tandis que le nombre de décès reste globalement stable. 

L’évolution n’est pas brutale, mais elle dessine un changement profond dans la dynamique démographique du pays. En 2025, l’accroissement naturel reste positif, avec 6 300 naissances de plus que de décès. Mais ce solde continue de s’affaiblir, loin du niveau atteint en 2016, lorsqu’il s’élevait encore à 22 900.

Les naissances reculent encore, mais plus lentement

En 2025, la Suisse a enregistré 78 200 naissances vivantes, selon les chiffres de l’OFS. C’est 100 de moins qu’en 2024, soit une baisse de 0,1 %. Le recul reste donc très léger, surtout comparé aux années précédentes. En 2024, les naissances avaient diminué de 2,2 %, après une baisse de 2,8 % en 2023.

Cette évolution confirme toutefois une tendance installée depuis 2022. La natalité continue de s’affaiblir, même si le rythme du recul semble moins marqué. Le nombre moyen d’enfants par femme s’est établi à 1,28 en 2025, contre 1,29 en 2024. Ce niveau reste très inférieur au seuil de 2,1 enfants par femme généralement nécessaire pour assurer le renouvellement des générations.

L’âge des mères évolue également. Les naissances chez les femmes de moins de 35 ans ont diminué de 2,0 %, tandis qu’elles ont augmenté de 3,1 % chez les mères de 35 ans et plus. L’âge moyen des mères à l’accouchement atteint ainsi provisoirement 32,5 ans, soit 0,1 an de plus que l’année précédente.

La Suisse n’est pas un cas isolé. Le recul de la fécondité touche aussi plusieurs pays européens. En France, le nombre moyen d’enfants par femme est tombé à 1,56 en 2025, tandis qu’il atteint 1,14 en Italie et 1,29 en Autriche. Les causes exactes restent difficiles à établir, mais la tendance européenne est désormais clairement installée.

Mariages et divorces poursuivent aussi leur baisse

Du côté des décès, la situation est beaucoup plus stable. En 2025, 71 900 décès ont été enregistrés en Suisse, soit 40 de moins que l’année précédente. La majorité concerne toujours des personnes âgées : 64,7 % des personnes décédées avaient au moins 80 ans. Parmi elles, 1 300 avaient 100 ans ou plus, dont une large majorité de femmes.

Les mariages, eux, continuent de reculer. En 2025, 35 900 unions ont été célébrées, soit 900 de moins qu’en 2024. Les divorces diminuent également. En 2025, 15 800 divorces ont été prononcés, soit 400 de moins qu’un an plus tôt. Depuis 2011, le nombre annuel de divorces oscille entre 15 500 et un peu plus de 17 000.

Si les tendances actuelles se maintiennent, environ deux mariages sur cinq, soit 39,1 %, pourraient se terminer par un divorce. La Suisse reste donc dans une phase de transformation démographique lente, mais visible, marquée par une natalité faible et des comportements familiaux en évolution.

Laisser un commentaire

Share to...