Seuls deux printemps ont fait plus chaud : 2026 entre dans les annales en Suisse 

Le printemps 2026 devient le troisième plus chaud depuis 1864 en Suisse, marqué par la sécheresse et des records de chaleur.

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Seuls deux printemps ont fait plus chaud : 2026 entre dans les annales en Suisse : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

La Suisse vient de connaître un printemps qui restera dans les annales de la météorologie nationale. Entre températures exceptionnellement élevées, manque de précipitations et ensoleillement généreux, la période allant de mars à mai 2026 a présenté des caractéristiques remarquables sur une grande partie du territoire. 

Les données publiées par MétéoSuisse confirment que ce printemps figure désormais parmi les plus chauds jamais observés depuis le début des mesures systématiques en 1864. Ce constat s’inscrit dans un contexte marqué par plusieurs épisodes météorologiques inhabituels, dont une vague de chaleur précoce qui a battu des records à la fin du mois de mai.

Des températures largement supérieures à la normale sur l’ensemble du printemps

Selon le bilan printanier publié par l’Office fédéral de météorologie et de climatologie, la température moyenne nationale enregistrée entre le 1er mars et le 31 mai a dépassé de 1,6°C la norme de référence calculée sur la période 1991-2020. Ce résultat place le printemps 2026 au troisième rang des printemps les plus chauds observés en Suisse depuis 1864.

Seules deux années ont affiché des anomalies thermiques plus élevées. Le printemps 2011 conserve la première place avec un écart de +1,9°C, tandis que celui de 2007 arrive en deuxième position avec +1,7°C. L’année 2026 s’inscrit donc parmi les épisodes printaniers les plus marquants jamais enregistrés dans le pays.

L’analyse détaillée des trois mois montre toutefois des contrastes. Le mois de mars a affiché des températures relativement proches des normales saisonnières, avec une anomalie limitée à +0,4°C. La situation a nettement changé en avril. Ce mois est devenu le cinquième mois d’avril le plus chaud depuis le début des relevés météorologiques nationaux, avec des températures supérieures de 2,6°C à la moyenne de référence.

Le mois de mai a poursuivi cette dynamique malgré une période plus fraîche observée autour de l’Ascension. Durant cet épisode, plusieurs régions ont connu des gelées au sol ainsi que des chutes de neige jusqu’à relativement basse altitude. Cette parenthèse hivernale n’a toutefois pas empêché le mois de terminer largement au-dessus des normales.

Au final, mai 2026 a présenté une température moyenne supérieure de 1,5°C à la référence climatique. Il s’agit du septième mois de mai le plus chaud observé en Suisse depuis le début des mesures. Cette performance s’explique principalement par une vague de chaleur particulièrement précoce qui a touché le pays durant les derniers jours du mois.

Selon MétéoSuisse, la présence persistante d’un anticyclone a largement contribué à cette situation. Les hautes pressions ont favorisé un temps sec et ensoleillé pendant de longues périodes, permettant aux températures de grimper rapidement dans plusieurs régions.

Une sécheresse marquée et des records de chaleur battus en mai

Au-delà des températures moyennes, le printemps 2026 s’est distingué par plusieurs événements météorologiques remarquables. La vague de chaleur survenue à la fin du mois de mai a notamment permis l’établissement de nouveaux records de températures maximales journalières dans de nombreuses stations de mesure.

L’exemple le plus spectaculaire a été observé à Biasca, dans le canton du Tessin. Le 28 mai, le thermomètre y a atteint 34,8°C. Cette valeur constitue la température la plus élevée jamais mesurée au mois de mai sur le versant sud des Alpes. Le record se rapproche également du record national absolu pour un mois de mai en Suisse.

À titre de comparaison, la température la plus élevée jamais enregistrée dans le pays durant ce mois reste celle de Sion, où le mercure avait atteint 35,1°C le 25 mai 2009. Le record tessinois de 2026 n’est inférieur que de 0,3°C à cette référence nationale.

L’autre caractéristique majeure de ce printemps concerne le déficit de précipitations. Les données de MétéoSuisse montrent que les cumuls de pluie enregistrés entre mars et mai ont été largement inférieurs aux normales saisonnières. Selon les régions, le manque de précipitations a varié entre 40 % et 90 % par rapport aux valeurs habituelles.

Cette situation a été particulièrement marquée dans l’est de la Suisse. Les Grisons et l’Engadine ont connu des conditions exceptionnellement sèches. Dans ces régions, les spécialistes parlent même du printemps le plus sec observé depuis 1901 en moyenne régionale.

Cette combinaison entre chaleur, fort ensoleillement et déficit pluviométrique a profondément marqué la saison. Les longues périodes dominées par les hautes pressions ont limité l’arrivée de perturbations, favorisant l’assèchement progressif des sols dans plusieurs secteurs du pays.

Le bilan dressé par MétéoSuisse met ainsi en évidence un printemps aux caractéristiques inhabituelles, marqué à la fois par des températures très élevées et une sécheresse prononcée. Les données confirment que la saison 2026 rejoint les années les plus remarquables de l’histoire météorologique suisse et illustre l’ampleur des anomalies observées ces derniers mois sur l’ensemble du territoire.

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