Un canton suisse veut convaincre les jeunes de privilégier les transports publics plutôt que la voiture. Dès le 1er juillet, les moins de 25 ans domiciliés dans la région profiteront d’une réduction importante sur leurs abonnements.
Cette mesure, présentée comme un projet pilote de deux ans, s’inscrit à la fois dans une logique de soutien au pouvoir d’achat et dans une stratégie de mobilité plus durable. Les autorités espèrent ainsi agir à un moment clé de la vie des jeunes adultes, lorsque les habitudes de déplacement commencent à se fixer durablement.
Une réduction de 66% pour les moins de 25 ans dès le 1er juillet
Le dispositif annoncé par les autorités neuchâteloises prévoit une réduction tarifaire de 66% sur les abonnements régionaux de transports publics pour tous les jeunes de moins de 25 ans résidant dans le canton. La mesure entrera en vigueur dès le 1er juillet et sera testée pendant une période de deux ans.
Cette baisse importante des tarifs pourrait permettre aux bénéficiaires d’économiser jusqu’à 766 francs selon le type d’abonnement utilisé. Le Conseil d’État avait validé ce projet au mois de mars en débloquant une enveloppe de 14,5 millions de francs.
Le canton explique dans son communiqué vouloir intervenir à une période charnière, celle de l’entrée dans la vie active. Les chiffres communiqués montrent une différence marquée entre les jeunes en formation et les jeunes travailleurs concernant l’usage des transports publics. Actuellement, 46% des jeunes en formation possèdent un abonnement dans le canton. Ce chiffre chute à seulement 16% chez les jeunes actifs.
Pour les autorités, cette baisse s’explique notamment par l’achat de la première voiture au début de la vie professionnelle. En rendant les transports publics beaucoup plus accessibles financièrement, le canton espère encourager des habitudes de mobilité différentes sur le long terme.
Cette mesure vise également à répondre aux préoccupations liées au coût de la vie. Les dépenses de transport représentent une part importante du budget des jeunes adultes et des familles, en particulier dans les régions où les déplacements quotidiens sont nombreux pour les études ou le travail.
Le canton précise que plusieurs outils d’information seront déployés avant le lancement officiel du dispositif. Un site internet dédié, des documents explicatifs ainsi qu’une foire aux questions seront mis à disposition. Un courrier sera aussi envoyé directement aux jeunes âgés de 18 à 24 ans afin de leur présenter les modalités de l’offre.
Une mesure inspirée d’autres villes suisses et liée aux objectifs climatiques
Au-delà de l’aspect financier, le projet s’inscrit dans les objectifs environnementaux fixés par le canton de Neuchâtel. Les autorités souhaitent réduire les émissions de CO2 liées aux déplacements et atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2040.
Le développement de l’usage des transports publics est considéré comme un levier important dans cette stratégie climatique. En ciblant spécifiquement les jeunes adultes, le canton espère limiter le recours à la voiture individuelle dès les premières années de la vie professionnelle.
Cette décision intervient aussi après l’invalidation d’une initiative portant sur la gratuité des transports publics. À la suite de cet échec, les autorités ont choisi une approche plus ciblée en concentrant l’aide sur une catégorie de population jugée stratégique pour les habitudes de mobilité futures.
Le modèle retenu à Neuchâtel existe déjà ailleurs en Suisse. Des systèmes comparables sont notamment proposés à Zurich et dans le canton de Bâle-Ville, avec des abonnements à prix réduit pour les jeunes.
Les résultats observés à Bâle-Ville semblent avoir joué un rôle dans la réflexion neuchâteloise. En 2024, le nombre d’abonnements détenus par les jeunes y a augmenté de 20% après la mise en place d’une offre similaire.
Durant les deux années du projet pilote, des enquêtes seront menées auprès des bénéficiaires afin de mesurer l’impact réel de cette réduction sur leurs habitudes de déplacement. Les autorités veulent notamment savoir si cette baisse de prix permet réellement de diminuer l’usage de la voiture chez les jeunes actifs.
Avec cette mesure, Neuchâtel rejoint les cantons qui cherchent à rendre les transports publics plus attractifs face à la voiture individuelle. Dans un contexte marqué par les enjeux climatiques et la hausse du coût de la vie, les politiques de mobilité deviennent un sujet de plus en plus central dans les stratégies cantonales.








