La réforme des retraites de 2023, qui prévoyait un relèvement progressif de l’âge légal à 64 ans, a connu un ajustement important avec la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Contrairement à ce qui est parfois dit, il ne s’agit pas d’un retour à 62 ans, mais d’un ralentissement du calendrier de montée en âge pour certaines générations.
Selon les textes officiels, la réforme est suspendue temporairement jusqu’en 2028 pour les générations concernées, ce qui modifie les règles de départ à la retraite pour les personnes nées entre 1964 et 1968. Cette suspension ne supprime pas la réforme, mais elle ajuste son application.
Un âge légal revu à la baisse par rapport à la réforme de retraite initiale
Avec la réforme de 2023, l’âge légal devait progressivement atteindre 64 ans. Mais à partir du 1er septembre 2026, le calendrier est modifié. Concrètement, les générations concernées voient leur âge de départ légèrement réduit par rapport au scénario initial.
Dans le détail, pour la génération 1964, l’âge de départ passe à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans. Pour les personnes nées en 1965, il varie entre 62 ans et 9 mois et 63 ans, selon les périodes de naissance. Pour la génération 1966, l’âge est fixé à 63 ans et 3 mois. Quant à la génération 1967, l’âge de départ à la retraite est porté à 63 ans et 6 mois. Pour la génération 1968, il atteint 63 ans et 9 mois. Ainsi la dernière génération à bénéficier du départ avant 63 ans est celle de 1964, incluant certaines personnes de1965. Celles qui échappent au départ à 64 ans, sont celles de 1966, 67 et 68. Le retraite à 64 ans commencera à être effective en 2033 et touchera en premier les personnées née en 1969.
Concernant la durée de cotisation, elle reste globalement autour de 170 à 172 trimestres selon les générations, soit environ 42,5 à 43 ans de travail pour obtenir une retraite à taux plein.

Crédit : Service-public.gouv.fr
Carrières longues et départ anticipé : des règles toujours possibles
Le dispositif des carrières longues reste en place et permet toujours un départ anticipé pour les personnes ayant commencé à travailler très jeunes. Il faut notamment avoir débuté son activité avant 16, 18, 20 ou 21 ans, et avoir validé un nombre suffisant de trimestres cotisés. Ces trimestres doivent inclure une partie avant un âge seuil précis. Ce dispositif permet donc de partir avant l’âge légal, sous conditions, comme c’était déjà le cas avant la réforme.
La loi prévoit également des ajustements liés à la famille. Dans certains cas, des trimestres supplémentaires peuvent être pris en compte pour faciliter le départ, notamment pour les parents, avec des évolutions attendues à partir de septembre 2026.
Une réforme complexe encore en ajustement
Cette évolution montre surtout une chose : le système de retraite reste en phase de transition. Les règles changent par génération, avec des différences parfois de quelques mois seulement, mais qui peuvent avoir un impact concret sur la date de départ.
Pour les assurés, le point essentiel est donc de vérifier leur année et mois de naissance, car l’écart peut aller jusqu’à plusieurs mois entre deux personnes proches en âge. En résumé, il ne s’agit pas d’un retour général à 62 ans, mais d’un ajustement fin du calendrier de la réforme de 2023, qui continue de s’appliquer progressivement, génération par génération.








