La marque de thon en conserve Petit Navire a lancé une opération entre le 24 mars et le 5 mai 2026, intitulée « Faites le test », permettant à ses clients de faire analyser les boîtes de thon qu’ils avaient achetées.
L’objectif de l’initiative était de mesurer la teneur en mercure des produits via un laboratoire indépendant, avec remboursement des frais engagés par les consommateurs. Cette démarche intervient après un rapport publié le 29 octobre 2024 par les associations BLOOM et Foodwatch, qui avait alerté sur la présence de mercure dans les boîtes de thon, une substance classée « cancérogène possible » par le Centre international de recherche sur le cancer et nocive pour le système nerveux selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
L’enquête de BLOOM et Foodwatch avait analysé 148 boîtes de ce produit dans cinq pays européens, dont la France. Tous les produits contenaient du mercure, 57 % dépassaient 0,3 mg par kilo et 10 % excédaient le seuil autorisé par l’Union européenne fixé à 1 mg par kilo . Une des boîtes Petit Navire analysées atteignait 3,9 mg par kilo.
Résultats des analyses de l’UFC-Que Choisir sur les boites de thon Petit Navire
L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a effectué ses propres tests sur une boîte albacore et une boîte de thon germon. Les résultats montrent que albacore contient 0,27 mg de mercure par kilo et le thon germon 0,45 mg par kilo. Ces valeurs sont conformes à la réglementation européenne et autorisent la vente des produits. UFC-Que Choisir précise cependant que le premier taux est proche de la limite stricte de 0,3 mg pour les petites espèces de poissons, tandis que le deuxième reste en dessous du seuil plus tolérant de 1 mg appliqué aux gros prédateurs. L’association souligne que la concentration réglementaire des gros poissons est plus élevée malgré un risque sanitaire comparable.
Petit Navire a indiqué que ces deux résultats correspondent à une partie des analyses réalisées et que l’ensemble des résultats sera communiqué ultérieurement. UFC-Que Choisir rappelle qu’il est impossible de conclure que la consommation de thon n’expose pas au mercure.
La transformation du thon en conserve augmente la concentration de mercure par rapport au poisson frais. Selon BLOOM et Foodwatch, cette concentration peut être deux à trois fois supérieure, ce qui signifie qu’une personne de moins de 70 kg, y compris les enfants, consommant 100 g de thon par semaine pourrait dépasser la dose hebdomadaire tolérable établie par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). L’Anses a récemment ajusté cette dose à 0,1 microgramme par kilo de poids corporel et par jour, soit la moitié de la valeur précédente.
Les consommateurs doivent rester informés de ces résultats et suivre les recommandations sanitaires concernant la consommation de thon en conserve, notamment pour les populations sensibles comme les enfants et les personnes de faible poids corporel.








