« C’est à l’État de prendre en charge (les pertes d’exploitations de ceux qui ne sont pas assurés, Ndlr) parce qu’on paye des impôts, y compris pour assurer le maintien de l’ordre », a déclaré Patrick Martin sur RMC. Le président du Medef estime que les pouvoirs publics n’ont pas suffisamment protégé les commerces pendant les violences. Il a notamment jugé que les forces de l’ordre avaient été « d’évidence sous-dimensionnées ».
Les dégradations ont frappé plusieurs grandes villes, dont Paris, au cours du week-end des 17 et 18 octobre. Des magasins ont été pillés, des vitrines brisées et des locaux dégradés. Certaines enseignes ont subi des dégâts très importants. Carrefour, à titre d’exemple, a signalé des dommages dans 50 magasins, dont 20 avaient été pillés. Le groupe Casino a également recensé une cinquantaine de magasins attaqués.
Pour Patrick Martin, l’État doit prendre ses responsabilités envers les entrepreneurs non assurés. Il comprend que certains commerçants aient tenté de défendre eux-mêmes leur boutique, parfois avec des barres de fer, mais il les appelle à ne pas se mettre en danger : « Il ne faut pas tomber en définitive dans le panneau que tend l’ultragauche, que tendent les black blocs, qui ne rêvent que de ça, c’est-à-dire d’une guerre civile », a-t-il déclaré sur RMC.
Le président du Medef n’est pas le seul représentant patronal à demander un soutien. En effet, Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des indépendants et des TPE, réclame une suspension des charges fiscales et sociales pendant les périodes de fermeture forcée. De son côté, Alain Di Crescenzo, président de CCI France, rappelle que novembre et décembre représentent « 40 % du chiffre » d’affaires des commerçants. Ces incidents tombent, donc, au pire moment pour les entreprises qui réalisent une grande partie de leurs ventes en fin d’année.
Ce que les commerçants non assurés peuvent espérer
Pour les professionnels assurés, l’indemnisation dépend des garanties prévues dans leur contrat. Les assurances des commerces incluent souvent une protection contre les émeutes et les mouvements populaires pour les dégâts matériels, comme les incendies, les vols, les vitrines brisées… En revanche, le remboursement des pertes d’exploitation n’est pas systématique. Il nécessite généralement une garantie spécifique, qui couvre la marge brute perdue lorsque des dommages matériels assurés contraignent le commerce à fermer.
Les commerçants non assurés risquent donc de supporter eux-mêmes une partie importante des pertes. Certes, le gouvernement a annoncé des mesures de soutien, essentiellement la possibilité de placer les salariés en activité partielle lorsque les entreprises ne peuvent plus fonctionner normalement. Mais cette aide ne remplace pas automatiquement une indemnisation des stocks détruits, des réparations ou du manque à gagner.
La loi de finances pour 2026 a prévu un nouveau mécanisme d’assurance contre les émeutes, avec une garantie élargie pour certains contrats et un dispositif destiné à aider les assureurs en cas de sinistres importants. Au 20 octobre, ce mécanisme n’est toutefois pas encore entré en vigueur : il doit notamment obtenir l’approbation de la Commission européenne et faire l’objet de textes d’application.
En attendant, Patrick Martin demande à l’État de prendre en charge les pertes d’exploitation des commerçants qui ne disposent d’aucune couverture.








