Il quitte son travail après une dispute avec un collègue : la justice annule son licenciement et lui accorde une indemnité

Il voit son licenciement annulé et son employeur sommé de le réintégrer ou lui accorder une indemnité de 11 462 euros

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Licenciement
Il quitte son travail après une dispute avec un collègue : la justice annule son licenciement et lui accorde une indemnité - Crédit : Canva | Econostrum.info

Son licenciement a été jugé excessif par la justice et son employeur sommé de le réintégrer ou lui accorder une indemnité importante, d’un montant de 11 462,27 euros. Pourtant, le salarié espagnol dont il est question est accusé d’avoir abandonné son poste après une dispute avec son collègue. La Cour supérieure de justice de Galice avait estimé que l'employé n’avait pas commis une faute grave.

L’affaire rappelle que l’abandon de poste, même lorsqu’il est reconnu comme une faute, ne conduit pas automatiquement à un licenciement disciplinaire considéré comme justifié. Les circonstances précises et les conséquences pour l’entreprise restent déterminantes dans l’appréciation des juges.

Une altercation avec un collègue avant un départ précipité du chantier

Les faits remontent au vendredi 16 mai 2025. Le salarié travaillait depuis 2022 dans un chantier naval en Espagne. Après une dispute avec un collègue, le ton est monté entre les deux hommes et l’employé a décidé de quitter son poste sans prévenir son responsable.

Son départ a obligé le chef d’équipe à prendre sa place afin d’assurer l’activité prévue. L’équipe a également dû prolonger sa journée de travail pour compenser son absence avant le week-end.

Après cet épisode, le responsable du site a échangé avec le salarié par téléphone. Les deux parties ont convenu qu’il ne travaillerait pas le lundi 19 mai. Lors d’une rencontre organisée ce jour-là, il a ensuite été décidé qu’il resterait en congé pendant trois jours supplémentaires.

Le mardi 20 mai, le salarié s’est pourtant présenté sur le chantier sans prévenir. Il ne devait pas travailler sur ce site et, après qu’on lui a expliqué que sa présence n’était pas prévue, il a quitté les lieux.

La justice estime que l’abandon de poste ne justifiait pas un licenciement disciplinaire

Face à cette situation, l’entreprise a engagé une procédure de licenciement disciplinaire. Le 30 mai, elle a informé le salarié des motifs retenus contre lui. Elle considérait que son comportement correspondait à deux infractions très graves prévues par sa convention collective : un abandon de poste ainsi qu’une fraude, une déloyauté ou un abus de confiance.

Dans un premier temps, le Tribunal social de Ferrol avait donné raison à l’employeur et rejeté la demande du salarié. Celui-ci a fait appel de cette décision.

En juillet 2026, la Cour supérieure de justice de Galice a confirmé qu’il y avait bien eu un abandon injustifié de poste. Les juges ont néanmoins estimé que cette situation ne pouvait pas être qualifiée de faute très grave selon les règles applicables dans son secteur.

La convention collective de l’industrie sidérurgique de la province de La Corogne prévoit en effet qu’un abandon de poste doit provoquer un préjudice important pour l’entreprise, un danger sérieux pour la sécurité ou un risque d’accident pour être considéré comme une infraction très grave.

Une indemnité de plus de 11 000 euros accordée au salarié

La justice a considéré que les conséquences de l’absence du salarié étaient limitées aux heures supplémentaires réalisées par l’équipe. Aucun élément ne démontrait un préjudice suffisamment important pour justifier un licenciement disciplinaire.

Concernant son retour sur un autre site sans autorisation, les juges ont estimé qu’il s’agissait « d’un caprice » du salarié, mais pas d’un acte de fraude ou de déloyauté envers son employeur.

L’entreprise doit désormais choisir entre deux possibilités : réintégrer le salarié avec le versement des salaires dus depuis son licenciement, ou lui verser une indemnité de 11 462,27 euros.

La société conserve la possibilité de contester cette décision devant la Cour suprême. Cette affaire montre que, même en cas de départ volontaire du poste de travail, les tribunaux examinent les circonstances concrètes avant de valider un licenciement.

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