Dans les supermarchés français, les rayons de conserves et de surgelés pourraient bientôt payer les frais des difficultés rencontrées dans les champs par les agriculteurs cet été. En effet, les fortes chaleurs qui ont touché le pays ont fortement impactées les récoltes destinées à l’industrie, une situation que les fabricants constatent déjà.
Nos confrères d’RMC ont interrogé l’interprofession des légumes en conserve et surgelés début septembre, ces derniers confirment que l’été 2026 a durement touché plusieurs productions françaises. Les conséquences ne concernent pas seulement les agriculteurs, les industriels puis les distributeurs doivent eux aussi faire face à des volumes bien plus faibles. En effet, le cas des épinards donne une première idée de la situation alarmante que nous vivons.
Bruno d’Hautefeuille, vice-président de l’interprofession des légumes en conserve et surgelés, évoque une baisse de 20 % de la production nationale. Pour les haricots, les pertes s’annoncent encore plus fortes. « Pour les épinards, la production au niveau national c’est -20%, les haricots, c’est toujours en cours, mais il faut s’attendre à -40, -50% en Bretagne, -40% dans le Sud », indique-t-il.
Une récolte qui chute de près de 50 % pour certains haricots
En Bretagne, où l’été 2026 a été particulièrement sec, les conséquences sont déjà visibles, les pertes de haricots pourraient atteindre 40 à 50 %. Dans le Sud, la situation est toute aussi critique, le recul attendu tourne autour de 40 %. Pour rappel, ces cultures sont directement destinées aux usines qui produisent les conserves et les surgelés. Selon RMC, les pertes sont si importantes que certaines lignes de production de Bonduelle ont été mises à l’arrêt faute de produits à transformer.
Les industriels disposent encore de stocks capables d’absorber une partie du choc, mais leur marge reste très limitée. « Il y a un peu de stock qui va pouvoir amortir ça, mais la saison va être tendue. Pour les industriels qui sont implantés localement, ils ne peuvent pas s’approvisionner à l’extérieur. Ce sont des légumes frais qui ne se transportent pas facilement. La sécheresse et la canicule touchent l’ensemble des régions, donc en fait, il n’y a pas plus à l’extérieur », explique Bruno d’Hautefeuille.
Les petits pois, épinards et haricots verts figurent donc parmi les références les plus exposées. Avec certains récoltes qui sont impactées plus que d’autres, tous les légumes en conserve ou surgelés ne connaîtront donc pas automatiquement la même évolution.
Des hausses de prix déjà envisagées pour les conserves et les surgelés
Toujours d’après RMC, les industriels discutent (déjà) avec les distributeurs d’une possible hausse de quelques centimes d’euro sur certains produits, en invoquant un cas de « force majeur ». Pour l’heure, cette augmentation n’est pas encore uniforme ni garantie dans tous les magasins. En effet, son niveau dépendra des produits, des stocks disponibles, des contrats entre industriels et enseignes ainsi que de la durée de cette crise.
Pour les ménages, la conséquence pourrait apparaître progressivement dans les prochains mois. Avec une récolte moins abondante, le nombre de produits disponibles pour les usines est donc moins important. Les frais liés à la transformation, au froid, au conditionnement et au transport continuent, eux, de peser sur le prix que paye le consommateur. Selon le format du produit et de la région, les ménages français ne seront donc pas impactés de la même manière, cet hiver nous donnera une idée claire de la situation.








