Aviation militaire : pourquoi le Brésil non aux Rafale français

Le Brésil confirme sa préférence pour le Gripen suédois et écarte le Rafale français, renforçant sa flotte avec 20 avions supplémentaires.

Publié le
Lecture : 2 min
brésil
Aviation militaire : le Brésil mise sur le Gripen et dit non au Rafale français. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

Le Brésil pourrait renforcer considérablement sa flotte d’avions de chasse suédois. Après les 36 Gripen déjà livrés, le pays envisage d’acquérir 20 appareils supplémentaires, confirmant son choix stratégique pour le constructeur Saab. Cette décision marque un tournant dans les relations aéronautiques entre les deux pays.

Selon le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, le Brésil a officiellement exprimé son intention d’acheter 20 nouveaux avions de chasse Gripen, s’ajoutant aux 36 déjà en service. « Dans sa déclaration d’intention, le Brésil se dit disposé à aller au-delà des 36 appareils déjà livrés », a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue brésilien José Múcio, rapporte BFM.

Le pays sud-américain avait signé en 2014 un contrat de 4,5 milliards de dollars (environ 3,9 milliards d’euros) pour 36 Gripen E/F, dont 15 sont produits localement par Embraer, à Gaviao Peixoto dans l’État de São Paulo. La première unité assemblée sur le sol brésilien avait été dévoilée fin mars, symbolisant la montée en puissance du savoir-faire local.

Un partenariat renforcé et de nouveaux centres de développement pour le Brésil

Le ministre brésilien José Múcio a salué cette nouvelle commande comme un signe du « bon fonctionnement de notre partenariat ». Il a insisté sur l’importance de surmonter les difficultés rencontrées lors des premières livraisons et a confirmé que le Brésil travaillera à renforcer encore davantage cette coopération.

Dans ce cadre, les deux pays ont également convenu de la création d’un centre dédié au Brésil pour le développement de nouveaux systèmes et équipements liés aux Gripen. Ce centre sera consacré à la maintenance, la modernisation et l’exploitation de la flotte, ce qui devrait renforcer l’autonomie technologique du Brésil dans le domaine aérien.

Une affaire qui avait éclipsé le Rafale français

Le choix du Gripen avait été controversé, en particulier parce que le contrat de 2014 avait écarté le Rafale français. Une enquête avait été ouverte au Brésil pour des soupçons de corruption liés à cette décision. Le président Luiz Inacio Lula da Silva, poursuivi dans le cadre de cette affaire après son premier mandat (2003‑2010), avait finalement été acquitté faute de preuves en 2021.

Malgré ce contexte, le Brésil confirme aujourd’hui sa préférence pour le constructeur suédois et sa stratégie de modernisation progressive de sa flotte aérienne. L’ajout de 20 nouveaux Gripen permettrait non seulement de renforcer la capacité opérationnelle de l’armée de l’air brésilienne, mais aussi d’assurer une continuité dans le transfert de technologies locales, avec Embraer au cœur du dispositif.

Laisser un commentaire

Partages