Shopping en ligne : la Belgique paye le prix de la domination des plateformes étrangères

Les achats en ligne en Belgique explosent, mais la majorité des revenus échappe aux commerces locaux au profit des plateformes étrangères.

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Shopping en ligne : la Belgique paye le prix de la domination des plateformes étrangères. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

Les Belges achètent de plus en plus en ligne, mais une grande partie de cet argent quitte le pays. Les plateformes étrangères captent une part croissante des dépenses numériques, au détriment du commerce local.

L’an dernier, les dépenses en ligne en Belgique ont atteint 18,3 milliards d’euros, soit une progression de 5,4 % par rapport à 2024. Plus de 9 Belges sur 10 ont acheté au moins une fois sur Internet, essentiellement dans les catégories vêtements et chaussures (2,7 milliards), électronique (1,7 milliard) et produits de consommation courante, comme l’alimentation et la beauté (1,26 milliard).

Selon Greet Dekocker, directrice générale de Becom, « les consommateurs se rendent facilement sur les places de marché en ligne car elles regroupent une gamme de produits extrêmement vaste. Ces plateformes rendent le processus d’achat accessible et simple », rapporte VRT. Malgré cette croissance, le chiffre d’affaires des sites belges n’a progressé que de 3,43 %, soit à peine plus que l’inflation. La conséquence est que l’argent dépensé par les consommateurs s’envole souvent à l’étranger, profitant à des acteurs internationaux.

Achats en ligne

Les acteurs étrangers tirent leur épingle du jeu du commerce en ligne

Des plateformes comme Shein ou Temu connaissent une croissance annuelle de 20 à 30 %. « Ce n’est un secret pour personne que des acteurs chinois comme Shein et Temu connaissent une croissance annuelle de 20 à 30 %, malgré leur réputation douteuse », note Greet Dekocker, « mais la qualité est souvent médiocre, et les produits sont parfois même dangereux pour la santé ».

Pour contrecarrer cette tendance, Becom insiste sur la nécessité pour les entreprises belges de miser sur leurs atouts locaux : service client de proximité, livraison rapide et fiable, réparations expertes. « Les plateformes étrangères ont du mal à garantir ce type de services », souligne la directrice.

Une régulation européenne insuffisante

Plusieurs boutiques en ligne chinoises bafouent les règles européennes. La Commission européenne a infligé 200 millions d’euros d’amende à Temu pour vente de produits illégaux et a ouvert une enquête sur Shein. Becom déplore que les contrôles sur la sécurité des produits restent trop faibles et que la collecte fiscale soit insuffisante.

La fédération belge appelle donc le gouvernement à renforcer les contrôles douaniers et à obliger les plateformes à retirer immédiatement les produits dangereux. « C’est la seule façon d’éviter que les consommateurs soient induits en erreur », avertit Greet Dekocker. Alors que les achats en ligne deviennent une habitude pour la majorité des Belges, l’argent circule de plus en plus hors du pays.

Pour protéger le commerce belge, il faudra combiner régulation stricte et promotion des services locaux, tout en sensibilisant les consommateurs aux risques de produits importés et de qualité douteuse.

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