Les incendies de végétation pourraient devenir un risque climatique majeur en Belgique au cours des prochaines années. Selon le CERAC, les forêts wallonnes, jusqu’ici moins exposées, pourraient être touchées par des feux plus intenses sous l’effet de sécheresses répétées et de vagues de chaleur plus longues.
Depuis 1830, les feux recensés en Belgique se concentrent surtout en Flandre, où les milieux ouverts favorisent davantage la propagation des flammes. Cette répartition pourrait changer dans les dix à quinze prochaines années. Le centre d’analyse des risques du changement climatique estime que les zones forestières du sud du pays deviendront plus sensibles au feu à mesure que les périodes sèches se multiplieront.
Aujourd’hui, les forêts wallonnes brûlent peu en comparaison avec d’autres espaces. Cette situation pourrait ne pas durer si les sols s’assèchent plus longtemps et si les températures élevées se prolongent.
Des incendies plus intenses et plus longs
Nils Bourland, expert en sciences de l’environnement au CERAC, estime que les incendies pourraient devenir plus violents dans les régions forestières de Wallonie. Les feux risqueraient aussi de se déclarer plus tôt dans l’année et de se prolonger plus tard en saison. Leur fréquence pourrait augmenter, tout comme leur vitesse de propagation.
Le danger serait particulièrement élevé lors d’une succession de vagues de chaleur. Dans ce type de situation, la végétation sèche devient plus inflammable et les départs de feu peuvent se multiplier rapidement.
Les services de secours sous pression
Le CERAC redoute aussi une forte sollicitation des pompiers belges. Dans dix ou quinze ans, plusieurs incendies pourraient se déclarer en même temps dans différentes zones du pays. Une telle situation compliquerait l’organisation des interventions. Les services de secours pourraient manquer de personnel ou de matériel si plusieurs foyers importants devaient être combattus simultanément.
Le risque d’épuisement des équipes est également évoqué, notamment durant les périodes de forte chaleur, lorsque les opérations peuvent durer plusieurs jours.
Les pompiers préparent déjà leur réponse
Philippe Vos De Wael, directeur des opérations de la zone de secours du Brabant wallon, se veut rassurant. Il explique que les services concernés travaillent déjà sur l’anticipation de ces nouveaux risques. Cette préparation passe par la formation des équipes, l’adaptation des procédures, l’achat d’équipements et l’évolution des véhicules d’intervention. L’objectif est de mieux répondre à des feux de forêt plus rapides et plus difficiles à contenir.
Le CERAC poursuit ses travaux afin d’identifier les endroits les plus exposés. Une localisation plus précise des secteurs vulnérables doit aider les autorités à préparer les dispositifs de prévention et d’intervention. La gestion des forêts, la surveillance durant les périodes sèches et l’information du public feront partie des leviers étudiés. La Belgique reste encore moins touchée que plusieurs pays du sud de l’Europe, mais les projections montrent que le risque pourrait progresser rapidement.








