Le gouvernement fédéral veut renforcer l’accès à l’argent liquide en Belgique. Face à la diminution progressive du nombre de distributeurs ces dernières années, un plan d’action prévoit plusieurs mesures pour améliorer la couverture du territoire et encadrer plus strictement leur accessibilité.
Depuis plusieurs années, le nombre de distributeurs automatiques de billets (ATM) a diminué, rendant l’accès au cash plus complexe dans certaines zones, en particulier en dehors des centres urbains. Ce constat a conduit le gouvernement à réévaluer le dispositif existant et à proposer une série de mesures concrètes à mettre en œuvre entre 2026 et 2027. Ce plan, élaboré par plusieurs ministres, vise à garantir un accès plus homogène à l’argent liquide sur l’ensemble du territoire.
L’installation de distributeurs facilitée dans les commerces
Parmi les évolutions envisagées, l’installation de distributeurs dans les supermarchés et commerces occupe une place centrale. Aujourd’hui, cette possibilité existe en théorie, mais elle reste très peu utilisée en raison d’un cadre réglementaire contraignant. L’approvisionnement des distributeurs est en effet considéré comme une activité liée à la sécurité privée, ce qui impose de recourir à des prestataires agréés.
Pour lever cet obstacle, le gouvernement prévoit d’adapter la législation afin de permettre aux commerçants d’alimenter eux-mêmes les machines, dans un cadre juridique spécifique. Cette évolution pourrait favoriser l’installation de nouveaux points de retrait, notamment dans des zones où les distributeurs sont devenus rares.
Les banques également sollicitées pour faciliter l’accès à l’argent liquide
Le plan introduit également une obligation pour les banques en matière de proximité des distributeurs. À partir de la mi-2027, elles devront garantir un accès à un ATM dans un rayon défini autour du domicile, indique VRT. Cette distance sera limitée à deux kilomètres en zone urbaine, trois kilomètres dans les zones intermédiaires et cinq kilomètres en milieu rural.
Selon les estimations avancées par les autorités, cette mesure pourrait conduire à l’installation d’environ 2.000 distributeurs supplémentaires. L’objectif est de réduire les inégalités d’accès et de répondre aux besoins des populations les plus éloignées des infrastructures bancaires.
Un accompagnement renforcé pour les utilisateurs
Le plan prévoit aussi une amélioration du service en cas de problème. Dès 2027, les utilisateurs devront pouvoir joindre facilement un interlocuteur en cas de dysfonctionnement d’un distributeur. Cette mesure concerne notamment les situations où une carte est retenue ou lorsqu’une opération ne se déroule pas correctement. Elle vise à apporter une réponse rapide et à limiter les situations d’incertitude pour les usagers.
Du côté du secteur bancaire, la réaction se veut prudente. La fédération Febelfin souligne qu’un accord est déjà en place avec le gouvernement et que les engagements actuels sont respectés. Elle s’interroge sur la nécessité d’un nouveau plan et sur l’ampleur des installations annoncées. À l’inverse, l’association Testachats voit dans ces mesures une avancée pour garantir un accès plus équitable à l’argent liquide, dans un contexte où son usage reste important pour une partie de la population.








