La Commission européenne a infligé une amende de 550 millions d’euros à AliExpress pour des manquements liés à la vente de produits illégaux, contrefaits ou dangereux sur sa plateforme. Le groupe chinois devra aussi présenter un plan d’action pour se mettre en conformité avec les règles européennes.
La décision concerne le respect du Digital Services Act (DSA), le règlement européen qui impose de nouvelles obligations aux grandes plateformes numériques. Selon la Commission européenne, AliExpress n’aurait pas correctement évalué ni réduit les risques liés à la circulation de produits interdits ou dangereux.
L’exécutif européen reproche notamment à la plateforme de ne pas avoir disposé de moyens suffisants pour détecter rapidement certains articles non conformes. Les produits concernés comprennent notamment des vêtements contrefaits, des jouets présentant des risques, des cosmétiques non conformes ou encore certains appareils électroniques.
Des millions de produits illégaux détectés sur la plateforme
AliExpress, filiale du groupe Alibaba, comptait environ 193 millions d’utilisateurs dans l’Union européenne fin 2025. La plateforme figure ainsi parmi les plus importantes entreprises chinoises soumises au DSA, devant Shein, qui comptait environ 156 millions d’utilisateurs, et Temu, avec environ 130 millions.
La Commission estime que plusieurs millions de produits illégaux ou portant atteinte aux droits de propriété intellectuelle ont circulé sur AliExpress. Selon ses analyses, certains articles retirés après une première détection seraient ensuite réapparus sur la plateforme. Bruxelles reproche également à l’entreprise des contrôles jugés insuffisants sur les vendeurs et des systèmes de classement pouvant faciliter la diffusion de produits non conformes.
Des contrôles jugés insuffisants par Bruxelles
La Commission européenne estime qu’AliExpress n’a pas appliqué correctement ses propres règles contre les vendeurs proposant des produits interdits. Les autorités indiquent aussi que certains commerçants pouvaient contourner les contrôles grâce à une mauvaise catégorisation des articles proposés à la vente.
Pour la vice-présidente de la Commission européenne Henna Virkkunen, la présence de produits dangereux ou contrefaits sur une plateforme en ligne ne constitue pas une conséquence inévitable du commerce numérique. Selon elle, les grandes entreprises doivent respecter leurs obligations, quelle que soit leur taille.
AliExpress doit présenter un plan d’action
La Commission avait déjà alerté AliExpress en juin sur plusieurs points de non-conformité. Après cette nouvelle décision, la plateforme dispose jusqu’au 20 octobre prochain pour présenter un plan d’action détaillant les mesures prévues pour respecter les règles européennes.
Cette sanction constitue la troisième décision de non-conformité prise dans le cadre du DSA, après celles visant X et Temu. L’Union européenne poursuit ainsi son contrôle des grandes plateformes numériques afin de renforcer la surveillance des produits vendus en ligne.








