Le patrimoine financier net des ménages belges a reculé au premier trimestre 2026. Cette baisse ne vient pas d’un retrait massif de l’épargne, mais de la chute de certains placements et d’une progression plus rapide des dettes. Les crédits hypothécaires concentrent une large part de cette évolution.
À la fin du mois de mars 2026, le patrimoine financier net des ménages belges atteignait 1 334,3 milliards d’euros, selon les données publiées par la Banque nationale de Belgique. Il a reculé de 1,7 milliard d’euros par rapport à la fin de 2025. Ce montant correspond à la différence entre les actifs financiers détenus par les ménages et leurs engagements.
Il prend notamment en compte les dépôts bancaires, les fonds d’investissement, les actions et les produits d’assurance, auxquels sont soustraites les dettes. Le patrimoine immobilier, comme la valeur des maisons et des appartements, n’entre pas dans ce calcul.

Les actifs progressent, mais les dettes augmentent davantage
Les actifs financiers des ménages ont gagné 2,1 milliards d’euros au premier trimestre, pour atteindre 1 708,5 milliards d’euros. Dans le même temps, les engagements financiers ont progressé de 3,9 milliards d’euros, jusqu’à 374,2 milliards d’euros. La dette ayant augmenté plus vite que les avoirs, le patrimoine net a reculé.
Les crédits hypothécaires ont enregistré la plus forte progression. Leur encours s’établit à 323,4 milliards d’euros, en hausse de 1,8 milliard sur trois mois. Les crédits à court terme et les autres emprunts à long terme ont eux aussi poursuivi leur progression.
Les ménages investissent malgré la baisse des marchés
Les ménages belges ont placé 7,8 milliards d’euros nets dans des actifs financiers entre janvier et mars. Les fonds d’investissement ont attiré 8,5 milliards d’euros, soit l’un des montants trimestriels les plus élevés de ces dernières années. Les produits d’assurance ont reçu 2,1 milliards d’euros, tandis que les livrets d’épargne réglementés ont gagné 2 milliards d’euros.
À l’inverse, les comptes à vue ont enregistré des sorties de 2,7 milliards d’euros. Les comptes à terme ont perdu un milliard d’euros. Ces mouvements montrent un déplacement d’une partie de l’épargne vers les fonds, l’assurance et les livrets réglementés.

Les marchés financiers effacent une partie des placements
Les nouveaux investissements n’ont pas suffi à soutenir la valeur totale du portefeuille. Les variations de prix ont entraîné une perte de 5,7 milliards d’euros. La valeur des parts de fonds d’investissement a diminué de 5 milliards d’euros, soit 1,48 %. Les actions cotées ont perdu un milliard d’euros et les produits d’assurance 2,5 milliards.
La BNB relie ces baisses aux turbulences financières de mars, marquées par un recul des marchés boursiers et une hausse des taux d’intérêt sur fond de tensions géopolitiques. La situation s’est redressée par la suite. Selon les premières estimations de la Banque nationale, cette reprise devrait soutenir la valeur des placements des ménages au deuxième trimestre 2026.
Le recul de 1,7 milliard d’euros concerne l’ensemble des ménages belges. Il ne signifie pas que chaque foyer a perdu une part identique de son épargne. Les conséquences varient selon la composition du patrimoine. Les personnes très exposées aux fonds et aux actions ont davantage subi la baisse des marchés, tandis que les livrets d’épargne sont restés plus stables.
Ce premier trimestre montre surtout que la hausse de l’épargne versée ne suffit pas toujours à faire progresser le patrimoine financier lorsque les marchés reculent et que l’endettement augmente.








