Ryanair frappe fort en Belgique et réduit drastiquement ses vols

Ryanair réduit fortement son activité en Belgique et dénonce la taxe aérienne, jugée responsable d’une baisse du trafic de 22 %.

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Ryanair frappe fort en Belgique et réduit drastiquement ses vols. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

Ryanair va fortement revoir son activité en Belgique. La compagnie low cost irlandaise prévoit de réduire son trafic d’environ 22 % et de transformer une vingtaine de liaisons annuelles en vols saisonniers, limités à la période estivale. En cause, selon elle, une fiscalité jugée trop lourde sur le transport aérien.

Concrètement, une vingtaine de routes actuellement opérées toute l’année ne seront plus assurées en continu. Elles seront maintenues uniquement pendant la haute saison, avec une interruption pendant l’hiver 2026-2027. Cette réorganisation concerne principalement les activités de Ryanair au départ de Charleroi-Bruxelles Sud et de Brussels Airport. Pour les passagers, cela signifie moins d’options de vols en hiver et une offre concentrée sur les périodes de forte demande.

Une réduction importante de la flotte en Belgique

Au-delà des lignes, la compagnie prévoit également de retirer cinq avions basés en Belgique. La flotte passerait ainsi de 18 à 14 appareils sur le territoire. Cette décision entraînerait mécaniquement une baisse d’environ un million de sièges disponibles sur le marché belge pour la saison hivernale 2026-2027. À plus long terme, Ryanair évoque même une réduction potentielle de plus de deux millions de sièges sur deux ans si les conditions fiscales ne changent pas.

La taxe aérienne au cœur du conflit

Pour Ryanair, la principale explication est claire : la taxe d’embarquement belge. Mise en place en 2022, elle s’applique à chaque billet d’avion au départ de la Belgique, avec un montant variant entre 2 et 10 euros selon la distance. Le gouvernement prévoit d’aller plus loin en portant cette taxe à 10 euros pour tous les vols à partir de 2027, avec des hausses supplémentaires envisagées pour les trajets court-courriers.

La compagnie estime que ces coûts supplémentaires rendent les vols depuis la Belgique moins compétitifs que ceux proposés dans les pays voisins.

Une sortie musclée de Ryanair

Le patron de la compagnie, Michael O’Leary, n’hésite pas à durcir le ton. Il dénonce des « taxes stupides » qui pénaliseraient la Belgique sur le plan de la compétitivité et risqueraient de détourner les passagers vers d’autres aéroports européens. Selon lui, cette politique fiscale pousse directement la compagnie à réduire ses capacités dans le pays, et d’autres ajustements pourraient suivre si la situation ne change pas.

Du côté des autorités, la taxe est défendue comme un levier à la fois budgétaire et environnemental. Elle vise à faire contribuer davantage le secteur aérien, tout en encourageant des alternatives moins polluantes sur les trajets courts. La Cour constitutionnelle a déjà validé le principe de cette taxation, malgré les contestations des compagnies aériennes.

Des aéroports inquiets pour leur activité

Les gestionnaires d’aéroports, eux, redoutent un impact direct sur leur activité. Ryanair reste un acteur central du trafic en Belgique, notamment à Charleroi, où la compagnie joue un rôle majeur dans le développement du low cost. La réduction de l’offre, la saisonnalisation des lignes et la baisse du nombre de sièges disponibles pourraient peser sur la fréquentation, mais aussi sur l’emploi et les revenus des plateformes aéroportuaires.

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