Indemnité kilométrique : pourquoi les entreprises belges boudent la mesure

L’indemnité kilométrique du gouvernement suscite peu d’enthousiasme auprès des entreprises belges en raison de sa complexité et durée limitée.

Publié le
Lecture : 2 min
Indemnité kilométrique
Indemnité kilométrique : pourquoi les entreprises belges boudent la mesure. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

L’augmentation temporaire de l’indemnité kilométrique pour les employés utilisant leur véhicule personnel peine à séduire les entreprises belges. Malgré l’annonce fin avril pour aider les travailleurs face à la hausse du carburant, le dispositif rencontre peu d’intérêt et suscite des réserves administratives.

Cette augmentation n’est pas obligatoire et peut être introduite uniquement après concertation entre employeurs et syndicats. Pourtant, le dispositif suscite peu d’intérêt, selon les prestataires de services en ressources humaines. Barbara Verougstraete d’Attentia indique que seulement 4 % des clients ont manifesté leur intention de mettre en place cette indemnité kilométrique majorée. Les observations de SD Worx et Liantis confirment cette faible adoption.

Pour l’instant, le secteur des carrières est le seul à avoir intégré cette mesure au niveau sectoriel, selon Veerle Michiels, conseillère juridique chez SD Worx.

Une mesure jugée trop contraignante

Selon Yves Labeeu, consultant en fiscalité salariale chez Attentia, la principale raison du désintérêt des entreprises est la charge administrative importante que génère cette indemnité pour une période très limitée de trois mois. La mise en place implique de nombreuses démarches et une gestion supplémentaire des coûts salariaux, ce qui rend l’opération peu attractive pour les employeurs.

De plus, instaurer cette indemnité crée des attentes chez les salariés, rendant difficile sa suppression à l’issue de la période de trois mois. Labeeu résume la situation en parlant de « gallery play », beaucoup de spectacle pour un impact limité.

Un constat partagé par la FEB

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) observe le même phénomène. Une enquête interne avait déjà révélé le faible enthousiasme des entreprises pour la mesure. Pieter Timmermans, administrateur délégué, souligne que les entreprises doivent avancer elles-mêmes les montants, sans être toujours complètement compensées, ce qui engendre une charge administrative supplémentaire. Sous la pression des syndicats, il pourrait également être délicat de revenir sur cette augmentation une fois accordée.

L’indemnité kilométrique critiquée malgré de bonnes intentions

Si la mesure visait à soutenir les salariés face à la hausse du carburant, elle montre que les dispositifs temporaires complexes et administrativement lourds peinent à séduire les entreprises. Les acteurs du marché soulignent que le manque de simplification, la courte durée et les contraintes liées aux coûts rendent la mesure difficilement applicable. Les employeurs privilégient des solutions plus stables et moins chronophages pour soutenir leurs travailleurs, ce qui explique le flop de cette initiative gouvernementale malgré sa bonne intention initiale.

Laisser un commentaire

Share to...