Le gouvernement valide les hausses d’accises sur l’énergie : quel impact pour les consommateurs belges ?

Le gouvernement belge maintient l’augmentation des accises sur le gaz et le mazout, une décision controversée face à la hausse des prix de l’énergie.

Publié le
Lecture : 2 min
énergie
Le gouvernement valide les hausses d’accises sur l’énergie : quel impact pour les consommateurs belges ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Face à la hausse des prix de l’énergie, le gouvernement belge a maintenu sa décision d’augmenter les accises sur le gaz naturel et le mazout à partir du 1er avril 2026. Cette décision, soutenue par la majorité mais vivement critiquée par l’opposition, s’inscrit dans le cadre du « tax shift » visant à favoriser la transition énergétique, mais elle survient dans un contexte géopolitique tendu et avec des prix de l’énergie à des niveaux records.

Malgré les appels de l’opposition, ainsi que de certains membres de la majorité, demandant au moins le gel de cette mesure face à l’augmentation des prix de l’énergie, le gouvernement a maintenu le cap. Le 1er avril, les accises sur le mazout de chauffage passeront de 17,3 euros à 23 euros pour 1 000 litres, puis augmenteront chaque année jusqu’en 2029. Pour le gaz, les accises passeront de 8,72 euros/MWh à 10,31 euros en 2026, avec des hausses prévues chaque année jusqu’en 2029, atteignant 13,60 euros/MWh.

Les membres de l’opposition, tels que Sofie Merckx (PTB) et François Desmet (Défi), ont qualifié cette décision de « scandaleuse » et « hors-sol », soulignant le contexte actuel de guerre au Moyen-Orient, avec des hausses de 20 % pour le diesel, 47 % pour le mazout et 62 % pour le gaz. Ils estiment qu’il est injuste d’augmenter les accises alors que les prix de l’énergie explosent déjà, mettant en difficulté de nombreux ménages, rapporte le Soir.

Le contexte géopolitique et la hausse des prix de l’énergie

La flambée des prix de l’énergie est directement liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Depuis le début de la guerre en Iran, les prix du pétrole et du gaz ont bondi, perturbant les chaînes d’approvisionnement. Cette situation a poussé les gouvernements européens à revoir leurs politiques énergétiques, tandis que l’Union européenne impose de nouvelles directives fiscales sur les énergies fossiles, qui devront être soumises à une TVA minimum de 12 % d’ici 2029, puis 21 % en 2030.

Pour amortir le choc de cette hausse de la TVA, le gouvernement belge a opté pour une augmentation progressive des accises sur les énergies fossiles, considérée comme une option plus facile à mettre en œuvre que l’augmentation immédiate de la TVA. Cependant, cette décision reste controversée en raison de son timing, alors que les prix de l’énergie atteignent des sommets.

Les mesures compensatoires et les critiques

Le gouvernement a souligné qu’il continuerait de surveiller la situation et pourrait intervenir pour soutenir les ménages si nécessaire. Toutefois, aucune mesure d’urgence n’a été annoncée pour l’instant. Le ministre des Finances, Jan Jambon, a précisé que la loi-programme, incluant cette augmentation des accises, serait votée, malgré l’opposition. Une fois la loi adoptée, les augmentations d’accises sur le mazout et le gaz seront mises en place progressivement.

Certains analystes estiment que cette hausse des accises pourrait avoir des conséquences sociales importantes, augmentant le coût de chauffage pour les ménages les plus vulnérables. Si le gouvernement assure qu’il mettra en place des mesures ciblées, les critiques soulignent qu’une réponse rapide est nécessaire pour atténuer les effets de cette flambée des prix de l’énergie.

Laisser un commentaire

Share to...