Pour la première fois, la BNB ouvre les portes de son cash center, véritable trésor national où se cachent 600 millions de billets

La Banque nationale de Belgique, à travers son nouveau cash center, garantit la gestion sûre, efficace et contrôlée de l’argent en Belgique, protégeant ainsi l’intégrité de la monnaie tout en contribuant à la stabilité économique du pays.

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Cash center
Pour la première fois, la BNB ouvre les portes de son cash center, véritable trésor national où se cachent 600 millions de billets : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

La Banque nationale de Belgique a récemment ouvert les portes de son tout nouveau cash center à Zellik, dans le but de sécuriser et de contrôler l’ensemble de la circulation monétaire en Belgique. Ce centre ultra-sécurisé, où transite chaque année 600 millions de billets représentant une valeur de 24 milliards d’euros, constitue une pièce maîtresse dans la gestion de l’argent physique du pays. 

Bien que son existence soit une réalité imposante, c’est la première et probablement la dernière fois qu’une telle visite est organisée. Ce lieu, véritable trésor national, fait bien plus que stocker des billets : il garantit également la sécurité et la validité de la monnaie en circulation.

Un site à la sécurité de fer

Le nouveau cash center de la Banque nationale, implanté dans une forteresse de béton, est conçu pour assurer une sécurité maximale. Le bâtiment, totalement clos et surveillé par des caméras, est en fait une véritable prison de haute sécurité où tout est mis en œuvre pour éviter toute tentative d’effraction. En effet, les clôtures de plusieurs mètres, l’enceinte de près de huit mètres, les caméras omniprésentes et les scanners garantissent que la circulation de l’argent, du billet usé au billet neuf, soit entièrement protégée, détaille 7sur7.be.

Le processus de contrôle qui a lieu à l’intérieur est totalement automatisé. Six machines qui comptabilisent et vérifient les billets sont alignées dans la zone de traitement, et chaque année, environ 600 millions de billets passent entre leurs mains. Ces machines, qui avalent jusqu’à 30 billets par seconde, effectuent un contrôle minutieux de chaque billet, détectant les déchirures, les tâches, les coins pliés ou les contrefaçons. Selon Tim Hermans, directeur des opérations cash à la Banque nationale de Belgique, environ 11% des billets reçus ne sont plus conformes et sont automatiquement rejetés. En d’autres termes, près de 70 millions de billets sont remplacés chaque année.

La gestion de la monnaie se fait selon des unités strictes. Les billets sont comptés par palettes et non en euros, afin d’éviter une surcharge mentale, selon Stefan Vandevelde, un des employés responsables du site. Cette méthode de comptabilisation est d’autant plus nécessaire lorsqu’on sait que les billets, une fois rejetés, sont directement réduits en confettis avant d’être incinérés. Ce processus est l’apanage exclusif de la Banque nationale, qui est la seule institution à pouvoir détruire des billets.

Le rôle crucial du cash center dans la traque aux faux billets

Le cash center ne se contente pas seulement de traiter les billets usés. Il joue également un rôle crucial dans la lutte contre les faux billets. En 2024, les équipements ont détecté environ 14.000 fausses coupures. Cette détection se fait avec une précision de 100%, garantissant ainsi que les billets contrefaits ne circulent pas dans l’économie. Les billets suspects sont immédiatement éliminés, et pour ceux qui ne sont pas encore entrés dans la circulation, environ 50.000 faux billets ont été détruits avant même d’atteindre les mains des consommateurs, souvent après des saisies policières. La Banque nationale collabore d’ailleurs étroitement avec les forces de l’ordre pour identifier les réseaux derrière ces fausses coupures.

Parmi les cas plus insolites, certains billets sont endommagés de manière accidentelle. Bart Dewulf, expert en fausse monnaie à la Banque nationale, raconte notamment les histoires des billets retrouvés après avoir été détruits par un chien ou retrouvés dans un micro-ondes. Ces anecdotes révèlent que parfois, les situations les plus improbables mènent à des échanges de billets. La banque accepte même les billets endommagés à condition que plus de 50% de ceux-ci soit intact, ce qui permet de remplacer un billet, même s’il a été malencontreusement abîmé. Mais ce ne sont pas seulement les accidents domestiques qui entraînent l’échange des billets. Les coffres piégés dans les transports de fonds, qui aspergent les billets d’encre indélébile en cas de tentative de vol, font également partie de ce processus de sécurisation. Ces mesures permettent de contrôler encore plus efficacement l’intégrité de la monnaie en circulation.

Un trésor invisible mais vital pour l’économie belge

Le cash center de Zellik, bien qu’invisible du grand public, constitue un pilier fondamental dans le bon fonctionnement de l’économie belge. En son sein transitent chaque année des sommes colossales, notamment les 24 milliards d’euros en billets de banque, ce qui témoigne de l’importance stratégique de cette infrastructure. Environ 80 personnes y travaillent, assurant le traitement, le contrôle, et la gestion de l’argent qui circule dans tout le pays. La sécurité, l’automatisation et l’efficacité du site, qui a coûté 100 millions d’euros à construire, en font un outil indispensable, mais invisible, au bon fonctionnement de l’économie nationale.

Le cash center est bien plus qu’un simple lieu de stockage d’argent : c’est un maillon essentiel du système monétaire belge. C’est ici que l’argent physique prend toute sa valeur, qu’il soit neuf ou usé, authentique ou falsifié, et c’est aussi ici qu’il subit son ultime étape avant de retourner dans les mains des citoyens ou des institutions.

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