La question de l’indexation des salaires, notamment pour les employés de la commission paritaire 200 (CP200), est un enjeu crucial pour les années à venir. En dépit des prévisions pessimistes pour 2025 et 2026, les travailleurs belges continueront à bénéficier d’une indexation automatique de leurs salaires, ajustée selon l’inflation.
Si le cadre législatif empêche une hausse salariale significative dans les deux prochaines années, l’indexation continue de fournir un soutien crucial au pouvoir d’achat des travailleurs. Toutefois, l’indexation prévue pour 2026 ne sera pas aussi élevée qu’en 2023, ce qui soulève de nombreuses interrogations sur ses effets réels sur les salariés.
Un système d’indexation indispensable, mais limité
En Belgique, l’indexation des salaires est un mécanisme automatique qui permet aux travailleurs de maintenir leur pouvoir d’achat face à l’inflation. Toutefois, ce système est régi par des règles strictes et un cadre législatif complexe, notamment à travers la norme salariale. Cette dernière fixe une augmentation maximale des salaires, qui, pour les années 2025 et 2026, est nulle en raison de la loi en vigueur. Cela signifie qu’aucune négociation ne pourra aboutir à une hausse supplémentaire du salaire de base au-delà de l’indexation prévue, ce qui est une mauvaise nouvelle pour ceux qui espéraient une augmentation plus substantielle.
Malgré cette limitation, l’indexation automatique, qui reste indépendante de la norme salariale, permettra tout de même d’ajuster les salaires en fonction de l’inflation. Cette augmentation peut parfois être différée, avec des hausses qui se font parfois au trimestre ou même à l’année suivante, selon les secteurs. Par exemple, dans le cas de la CP200, la plus grande commission paritaire du pays, les augmentations salariales sont effectives au début de l’année suivante et peuvent inclure des ajustements cumulés.
En janvier 2025, l’indexation a été de 3,58 %, mais selon les premières prévisions disponibles pour 2026, cette hausse serait réduite à 2,23 %, selon L’Echo. Bien que cette augmentation soit inférieure à celle de 2023 (+11,08 %), elle reste néanmoins positive comparée à celle de 2024, qui s’élevait à 1,48 %. Cette tendance à la baisse de l’indexation reflète une inflation moins élevée mais toujours présente, et la volonté de maintenir un équilibre économique sans trop pénaliser les entreprises par des hausses salariales trop importantes.
L’impact pour les fonctionnaires et autres secteurs
L’indexation des salaires des fonctionnaires est un autre point d’attention. Elle se base sur le dépassement de l’indice-pivot, qui entraîne l’ajustement des salaires et des allocations sociales d’environ 2 %. Le gouvernement fédéral a récemment annoncé un décalage dans l’application de ces hausses, qui interviendront trois mois après le dépassement de l’indice, soit en mai 2026. Ce report vise à mieux réguler les augmentations dans un contexte d’incertitude économique.
Une autre mesure importante concerne l’indexation des salaires des enseignants en Fédération Wallonie-Bruxelles, qui sera également décalée d’un mois supplémentaire. Ce changement fait partie d’une révision plus large du système d’indexation, qui vise à mieux prendre en compte les réalités économiques de chaque secteur tout en garantissant des augmentations proportionnelles au coût de la vie.
La question de l’indexation salariale devient ainsi un véritable test pour les autorités belges. D’un côté, il est essentiel de protéger le pouvoir d’achat des travailleurs face à l’inflation persistante. De l’autre, les hausses de salaires doivent être mesurées pour ne pas nuire à la compétitivité économique du pays et aux entreprises, en particulier dans les secteurs les plus sensibles aux fluctuations économiques.
L’indexation, bien qu’automatique, reste sujette à des ajustements, tant au niveau du calendrier d’application que du montant final. Si l’on ne peut pas espérer de hausses spectaculaires en 2026, cette année verra tout de même une augmentation des salaires, bien que modérée. Ces ajustements seront cruciaux pour les employés, notamment ceux de la CP200, qui bénéficient d’une des indexations les plus significatives.








