Les événements climatiques extrêmes se multiplient en Europe, et la Belgique n’est pas épargnée. Alors que des inondations récentes ont causé la mort de trois personnes en France, les experts annoncent que ce type de précipitations pourrait devenir courant en Belgique.
Une étude scientifique belge tire la sonnette d’alarme sur l’évolution des précipitations extrêmes à travers le pays. Cette évolution, désormais étayée par des données concrètes, interpelle tant par sa fréquence que par son intensité croissante.
Une fréquence accrue des pluies extrêmes à travers toutes les saisons
Les scientifiques de l’Institut royal météorologique (IRM), de la KU Leuven et de l’Université de Gand ont analysé les précipitations relevées à Uccle entre 1951 et 2023, indique 7sur7.be. Leur étude révèle que la Belgique a connu 3.051 jours de pluies qualifiées d’extrêmes, soit l’équivalent d’environ un jour sur cent chaque année. Une pluie extrême est définie par un minimum de 20 litres d’eau par mètre carré en 24 heures. Près de 40 % de ces épisodes se sont produits durant l’été.
Les projections basées sur les modèles climatiques CMIP6 indiquent une augmentation de 40,3 % du nombre de ces journées extrêmes d’ici la fin du siècle. L’intensité moyenne de ces pluies augmentera également, avec 0,59 litre par mètre carré supplémentaire par jour de pluie extrême. Les saisons les plus touchées varieront selon l’aspect étudié : une augmentation du nombre de jours est attendue surtout en automne et en hiver, tandis que l’intensité des épisodes pluvieux s’accroîtra principalement au printemps et en été.
Un risque accru pour les zones urbanisées et vulnérables
Le changement climatique influence directement la capacité de l’air à retenir l’humidité. Selon le climatologue Dr Lander Van Tricht, chaque degré supplémentaire de réchauffement atmosphérique augmente de 7 % la quantité d’humidité que l’air peut contenir. Lorsque cet air chaud se refroidit, il libère cette humidité sous forme de précipitations, souvent violentes. Contrairement à d’autres régions du globe, les modifications des courants atmosphériques restent pour l’instant relativement stables au-dessus de la Belgique.
Ces conditions mettent en lumière la vulnérabilité structurelle de certaines régions. Par exemple, la côte belge reçoit environ 600 litres d’eau par mètre carré par an, contre près de 1.400 litres dans les Ardennes. En outre, les zones urbaines, mal adaptées à l’infiltration de l’eau, sont particulièrement menacées. Le Dr Van Tricht souligne que l’urbanisation dense et la diversité du relief rendent le pays sensible aux effets des inondations et aux dommages associés aux infrastructures, à l’environnement et aux populations.








