Sécheresse record en vue : l’été 2025 pourrait répéter le cauchemar de 1976 en Belgique

L’été 2025 en Belgique suit un déficit hydrologique alarmant, très proche de celui de 1976, avec des impacts lourds sur l’eau et l’agriculture.

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été chaud et sécheresse
Sécheresse record en vue : l’été 2025 pourrait répéter le cauchemar de 1976 en Belgique : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

La Belgique semble s’acheminer vers un été 2025 marqué par un déficit de précipitations sévère, comparable à celui de 1976. Cette année-là, une sécheresse exceptionnelle avait bouleversé la vie quotidienne, l’agriculture et l’approvisionnement en eau. 

Les observations actuelles révèlent que le schéma hydrologique est très proche de celui de cette année historique, soulignant la vulnérabilité face aux extrêmes climatiques. Cette situation rappelle l’importance cruciale d’une gestion adaptée des ressources en eau face au changement climatique.

Un déficit hydrologique exceptionnel, comparable à 1976

Depuis le 1er avril, considéré comme le début classique de la saison sèche, les précipitations ont été largement insuffisantes face à l’évaporation des sols. Patrick Willems, hydrologue à l’Université de Louvain, observe un déficit de plus de 106 millimètres d’eau par mètre carré, soit une perte équivalente à 106 litres par m², relate 7sur7.be. Ce déficit est déjà atteint à la mi-mai, alors qu’en 1976, il fallait attendre la mi-août pour un tel niveau. Une telle situation n’apparaît que tous les cinquante ans, selon les archives historiques.

Le printemps 2025 s’annonce plus sec que celui de 1976, qui avait vu seulement 69 millimètres de pluie entre mars et mai, contre une moyenne normale de 179,8 mm. Cette année, depuis le 1er mars, seulement 30,7 mm de pluie sont tombés, dont 2,9 mm en mai. La persistance de hautes pressions et des vents secs a accentué cette tendance, empêchant la formation de précipitations. L’année précédente, 2024, a pourtant été la plus humide jamais enregistrée, ce qui avait constitué un excédent hydrique d’environ 200 mm dans les sols et réservoirs. Ce « bonus » a déjà été largement absorbé par la sécheresse actuelle.

En 1976, cette période de sécheresse avait mené à un déficit hydrologique culminant à près de 350 mm, entraînant des coupures d’eau, la distribution d’eau potable par les secours, et même la fuite des vaches à la recherche de pâturages. Aujourd’hui, les réserves sont donc moins critiques, mais la situation reste préoccupante car une longue période de pluie est nécessaire pour rétablir un équilibre hydrique stable.

Impacts sur les ressources en eau et perspectives météorologiques

Le déficit hydrologique exerce une pression forte sur les ressources en eau potable et l’agriculture. Les nappes phréatiques et les réservoirs, déjà entamés par la sécheresse, risquent de ne pas suffire si la tendance se poursuit. Les autorités pourraient être contraintes de mettre en place des restrictions d’usage d’eau, comme l’interdiction d’arroser les jardins ou de laver les voitures, à l’image de ce qui avait été fait en 1976. Cette situation pose aussi un risque pour les cultures, qui souffrent du manque d’humidité, avec des conséquences économiques à prévoir.

Du point de vue météorologique, David Dehenauw, météorologue, prévoit une amélioration prochaine avec des averses locales possibles dès le week-end et des risques quotidiens d’averses la dernière semaine de mai. Des températures plus basses, autour de 18 °C, sont également attendues, ce qui devrait réduire l’évaporation. Le changement de direction du vent vers un flux plus humide du sud-ouest pourrait contribuer à alléger la sécheresse.

Malgré ces prévisions, la probabilité que l’été 2025 soit plus chaud et plus sec que la normale reste élevée, estimée à 70 %. Aucun modèle ne prévoit un été plus humide que la moyenne, ce qui confirme la tendance générale. La gestion durable de l’eau devient donc une priorité pour limiter les impacts.

La Belgique se trouve aujourd’hui face à une répétition inquiétante d’un épisode climatique majeur. La seule issue pour atténuer cette crise hydrique reste une succession régulière de pluies étalées dans le temps, permettant une meilleure infiltration et un maintien des réserves d’eau.

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