Les droits de douane et les préoccupations liées à l’origine des produits modifient les comportements d’achat des consommateurs belges. Une récente étude de l’institut Kantar met en lumière une tendance claire au boycott partiel des produits importés de Chine, de Russie et des États-Unis.
Cette évolution reflète un contexte économique et politique global qui influence fortement les choix des consommateurs. Elle traduit aussi une montée des attentes en matière d’éthique et de responsabilité environnementale.
Une préférence croissante pour les produits belges et européens
Selon l’étude Kantar réalisée en avril 2025 auprès de 1 000 adultes belges, 61 % des consommateurs considèrent que l’origine du produit est importante dans leur décision d’achat. Huit Belges sur dix privilégient désormais les produits nationaux, tandis qu’environ un quart se tournent majoritairement vers les produits venant d’autres pays européens. Cette tendance témoigne d’un fort attachement à la production locale et européenne, perçue comme plus fiable ou responsable.
Parallèlement, entre 33 et 45 % des sondés déclarent éviter les produits importés de Chine, des États-Unis ou de Russie. Cette retenue est particulièrement marquée chez les plus de 55 ans, qui évitent surtout les produits chinois et russes. Les consommateurs plus jeunes montrent moins de recul, notamment vis-à-vis de ces provenances, traduisant un clivage générationnel dans les habitudes d’achat.
Le boycott des produits américains est également notable : plus d’un tiers des répondants affirment éviter ces articles, et près de 75 % estiment pouvoir s’en passer. Les raisons invoquées incluent l’augmentation des droits de douane (53 %), un recul des États-Unis sur les questions environnementales (53 %) ainsi que les dégâts environnementaux liés aux marques américaines (50 %). Cette combinaison de facteurs économiques et éthiques influence donc clairement la perception des consommateurs vis-à-vis des produits étrangers.
Impacts économiques et évolutions des comportements de consommation
Le report des achats vers les produits belges et européens a des répercussions à plusieurs niveaux. D’un côté, il soutient les producteurs locaux et favorise un commerce plus régionalisé, ce qui peut renforcer l’économie nationale et diminuer la dépendance à certaines importations. D’un autre côté, cette préférence accrue réduit la part de marché des produits américains, chinois et russes, modifiant les flux commerciaux et les stratégies des entreprises importatrices.
L’étude souligne que si les grandes entreprises technologiques américaines comme Google ou Microsoft restent difficiles à concurrencer, certaines marques de consommation plus visibles subissent un désamour marqué. KFC, Tesla, et la plateforme X (anciennement Twitter) perdent des parts de clientèle. Des chaînes comme Burger King, Starbucks et McDonald’s sont également moins populaires, indiquant un rejet croissant des enseignes américaines dans certains segments de consommation.
Ces changements sont accentués par la prise de conscience environnementale et politique des consommateurs, qui associent parfois des valeurs éthiques à leurs choix d’achat. Ce phénomène influence autant les particuliers que les entreprises, qui doivent adapter leurs approvisionnements pour répondre à cette nouvelle demande. Les droits de douane apparaissent donc comme un élément déclencheur, mais le contexte plus large autour des valeurs environnementales et géopolitiques joue un rôle majeur.








