Le patrimoine des ménages belges connaît une progression notable, confirmant une tendance d’augmentation générale des richesses observée ces dernières années. Cette hausse intervient dans un contexte économique marqué par une inflation modérée et des dynamiques variées au sein de la population.
Étudier cette évolution permet d’identifier les facteurs à l’origine de la croissance patrimoniale et ses disparités. Ces éléments sont déterminants pour comprendre les enjeux sociaux et économiques actuels du pays.
Une hausse générale du patrimoine mais des disparités qui s’accentuent
Le rapport conjoint de Keytrade Bank et de l’Université de Gand met en lumière une croissance de 11 % du patrimoine médian des Belges en 2024, qui atteint désormais 277.231 euros. Ce rythme dépasse largement l’inflation, qui s’est établie à 4,4 % sur la même période. Néanmoins, cette augmentation profite surtout aux grandes fortunes, creusant l’écart entre les plus aisés et les autres classes sociales. Le patrimoine médian des 20 % les plus riches s’élève à 1.054.000 euros, avec une augmentation annuelle de plus de 100.000 euros, alors que la classe moyenne s’est enrichie de plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Le travail demeure la principale source de richesse pour environ trois quarts des ménages, surtout parmi la classe moyenne. En revanche, les catégories les plus riches et les plus pauvres tirent une part moindre de leur richesse de leur activité professionnelle. La diversification des sources de revenus est un facteur déterminant pour l’enrichissement des hauts patrimoines. Ces derniers bénéficient d’investissements financiers, de revenus locatifs et d’héritages, qui contribuent à la constitution et à l’accroissement de leur richesse. Par exemple, 37 % des plus riches ont reçu un héritage contre seulement 17 % parmi les 20 % les plus pauvres. L’entrepreneuriat, concentré chez les plus aisés, joue également un rôle clé, avec 35 % des 20 % les plus riches dépendant d’un travail indépendant.
Immobilier, épargne et dépenses : les leviers de la richesse des ménages belges
L’immobilier reste l’actif principal des Belges, avec 72 % des ménages propriétaires de leur logement. La valeur médiane de ces biens a augmenté, passant de 292.600 euros à 300.000 euros en un an. Cette valorisation soutient fortement la croissance patrimoniale, en particulier pour la classe moyenne qui concentre une part importante de son patrimoine dans la pierre. En parallèle, les marchés financiers ont également bien performé, favorisant l’accumulation d’actifs via des placements diversifiés.
Les ménages belges montrent un comportement d’épargne marqué, plaçant en moyenne 26 % de leurs ressources sur des comptes épargne, principalement pour faire face à des imprévus (56 %), préparer leur pension (34 %) ou financer des voyages (30 %). Seuls 17 % des ménages déclarent ne pas pouvoir épargner. La gestion des dépenses varie selon l’âge : les jeunes familles consacrent une part importante de leur patrimoine à l’immobilier, tandis que les plus âgés orientent leurs dépenses vers les soins de santé.
Le logement représente le poste de dépenses le plus important, englobant l’achat de biens immobiliers, le remboursement des prêts hypothécaires (28 % des ménages concernés), et l’entretien des logements. Le niveau de vie est également un facteur majeur de dépense, suivi par les voyages et les soins de santé, qui restent des postes secondaires en termes de budget.
L’étude, fondée sur un échantillon de 1.793 Belges, offre ainsi une image dynamique et nuancée de la richesse nationale, révélant à la fois une augmentation généralisée et des disparités persistantes.








